Francis JOYON
 
Vous avez ici tous les historiques de ses exploits
Francis Joyon
© J. Blériot

Nationalité : francaise
57 ans
Né le 28 mai 1956 à 10h30
Lieu de naissance : Hanches, Eure-et-Loir

marié, habite à La Trinité-sur-Mer

 

 

 

Cliquer sur la photo pour l'agrandir

Sommaire :

Pour suivre toutes les étapes sur son site

Mise à jour : le 8 juillet 2017
A bord de IDEC Sport, en plein préparatif du prochain Trophée Jules Verne
  © Ph.Hillion photo prise le 12 novembre 2015

IDEC Sport, il est dans une version allégée pour un équipage de 6 personnes seulement.


Derrière, en noir, le Spindrift 2 près à partir aussi sur le même trophée.

  © Ph.Hillion photo prise le 12 novembre 2015

Trimaran IDEC 3

pour la Route du Rhum 2010

 

Mise à l'eau le 28 mai 2010 à Lorient

  © DR
IDEC pour la Route du Rhum 2010
Trimaran IDEC 2004
  © F. Van Malleghem / Mer & Média

IDEC dans la route de la Découverte 2004

La route de la Découverte 2008

  © F. Van Malleghem / Mer & Média

Le nouvel IDEC bateau du record de la traversée de la Manche le 19 août 2007

Départ de Brest le 23 novembre 2007 pour reprendre son record du Tour du Monde

les parrains

  ©François Van Malleghem / DPPI / IDEC
Dans le port de La Trinité
  © Ph.Hillion photo prise le 20 mars 2008
IDEC en attente de sa prochaine tentative de record, dans le port de La Trinité
  © Ph.Hillion photo prise le 26 mai 2011

juillet 2011

IDEC arrive à New-York pour la tentative du record de l'Atlantique nord

  © AFP
Arrivée du record de l'Atlantique nord en solitaire 2013
  © JEAN MARIE LIOT / DPPI / IDEC
 
 

Palmarès :

2017 :
- Record de l'Océan Indien battu en 5 jours 21 heures 7 min et 45 sec pendant sa tentative du Trophée Jules Verne
- Record Ouessant le Cap Horn en 26 jours 15 heures et 45 min
- Record Ouessant l'équateur après les 3 caps en 35 jours 4 heures et 45 min
- Record du Trophée Jules Verne en 40 jours 23 heures 30 minutes et 30 secondes
- Record du Pacifique sud entre la Tasmanie et le Cap Horn en 7 jours 21 heures 13 minutes et 31 secondes
- Record entre l'équateur AR en 29 jours 9 heures 10 minutes et 55 secondes
- 2ème de The Bridge

2016 :
- 1er du Grand prix Guyader en class Ultim

2014 :
- 6ème de la Route du Rhum en class Ultim

2013 :
- Nouveau record sur la Route de la Découverte en 8j. 16h. 7min. et 5 sec.
- Nouveau record de la Traversée de l'Atlantique nord en solitaire en 5 j. 02 h. 56 min. et 10 sec.

2012 :
- Record de distance en 24h en solitaire avec 668 milles, soit une moyenne de 27,83 noeuds (précédent record était à Thomas Colville)

2011 :
- tentative du record de l'Atlantique nord (échoué après le chavirage du trimaran)

2010 :
- Vainqueur du Tour de l'île de Wight en 4h et 24 min, son record de 2003 tient toujours
- 2ème de La Route du Rhum

2009 :
Vainqueur du Tour de Belle-Île-en-Mer en 9 h. et 34 min.
Temps de référence sur La Mauricienne 26 j. 4 h. 13 min. et 29 sec., à la vitesse moyenne de 16,40 noeuds

2008 :
Record du Tour du monde en solitaire en 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes
Record de l'équateur en solitaire en 6 jours 17 heures et 58 minutes
Record du Cap de Bonne Espérance en 15 jours, 7 heures et 16 minutes
Record du Cap Leeuwin en 22 jours, 15 heures et 28 minutes
Record du Cap Horn en 35 jours, 12 heures et 36 minutes
Record de l'Océan indien en 09 jours, 12 heures et 03 minutes
Record des 24 heures : 616,07 milles perdu au profit de Thomas Colville le 12 janvier

2007 :
Record de la traversée de la Manche en solitaire
en 6 heures 23 minutes et 36 secondes

2005 :
Record de la traversée de l’Atlantique en solitaire (New York – Cap Lizard)
6 jours, 4 heures, 1 minute et 37 secondes (record valide à ce jour).
Record des 24 heures en solitaire
542,7 milles parcourus (record valide à ce jour).

2004 :
Record de la Route de la Découverte (Cadix – San Salvador) en solitaire
11 jours, 3 heures, 17 minutes et 20 secondes (amélioré depuis par Thomas Coville)
Record du tour du monde absolu en solitaire
72 jours, 22 heures, 54 minutes et 22 secondes (amélioré depuis par Ellen MacArthur)

2003 :
Vainqueur du 76ème Fastnet sur Eure et Loir
Record du tour de l’île de Wight en 3 heures, 10 minutes et 11 secondes.

2000 :
Vainqueur de la Transat Europe 1 - Newman Star sur Eure et Loir
Record de la course en 9 jours 23 heures 21 minutes

1998 :
6ème de la Route du Rhum
2ème de la Route des Phares

1997 :
4ème de la Transat Jacques Vabre
2ème du Grand Prix du Port de Fécamp
4ème dans la Course de l'Europe

1996 :
5ème du Championnat des Multicoques
2ème de Québec-St Malo

1995 :
3ème de l'Open UAP sur Banque Populaire
2ème de la Transat Jacques Vabre

1993 :
3ème de l'Open UAP
3ème de la Route du Café

1992 :
3ème de la Route du Café

1991 :
5ème de l'Open UAP sur BPO

1990 :
10ème de la Route du Rhum sur BPO

1988 :
3ème de la Route de la Découverte sur J.B. Express

 

Portrait :

PARCOURS ATYPIQUE POUR UN MARIN INCLASSABLE

Autodidacte, Francis trace depuis son adolescence une route à son image, aventureuse et simple, sans mise en scène, guidée par une curiosité audacieuse qui l'a rapidement conduit vers le large. Par la lecture des récits des grands marins lorsqu'il était enfant, puis par un passage à l'école des Glénans où, chargé de l'entretien et de la réparation des bateaux, il apprendra rapidement la navigation. Quelques mois suffiront pour qu'il y devienne moniteur. Cette période marquera le début d'une errance initiatique dans les écoles de voile de la région bretonne. Un long périple qui s'achève au bout de trois ans par le retour au pays, à Epernon. Loin des côtes, son esprit ne quitte pas pour autant la mer et la somme de l'expérience qu'il a accumulée au cours de ses nombreux petits boulots lui permet d'attaquer avec confiance la construction de son premier bateau, au domicile familial. Long de neuf mètres, ce monocoque en bois moulé va lui ouvrir les portes du grand large. A son bord, il va découvrir l'Afrique puis l'Amérique du Sud. Il reviendra même en construire un deuxième, un peu plus long, pour poursuivre sa quête exploratrice en famille.

Le virus de la course, c'est à la Martinique qu'il va le contracter, fasciné par le catamaran Crédit Agricole de Philippe Jeantot. Une lente incubation qui fera acheter au skipper, pour une somme très modeste, les coques d'un autre grand catamaran, Elf Aquitaine. A force d'ingéniosité et de récupérations en tout genre, Francis réussira finalement à assembler celui qu'il nommera Atlantique, en référence à cet océan qu'il ne cesse d'arpenter. Dès lors, exploration et compétition vont se lier de façon plus intime. Sans expérience de la navigation sur deux coques, le marin qui s'improvise skipper va s'aligner au départ d'une course qui synthétise idéalement ce mélange des genres. Entre Cadix et San Salvador, sur le parcours emprunté jadis par un certain Christophe Colomb, Francis va prendre en 1988 le départ de la Route de la Découverte.

Les records
Cliquez pour suivre les aventures en direct
Trophée Jules Verne
 
 

26 janvier 2017
Francis Joyon et son équipage ont battu le Trophée Jules Verne
en un peu plus de 40 jours, la barre est placée bien haute maintenant, mais les records sont fait pour être battu

9 décembre 2016
Francis Joyon en code orange à Brest
L'équipage de 6 marins est légèrement changé : Bernard Stamm, Axel Pella, Gwenolé Gahinet, Clément Surtel et Sébastien Audimagne qui remplace Boris Herrmann

27 novembre 2016
Francis Joyon fait demi-tour
Trop de retard et le pot au noir qui ne lache rien.

21 novembre 2016
Francis Joyon est parti de Brest
Pour une première tentative

3 novembre 2016
Francis Joyon en code orange à Brest
L'équipage de 6 marins est près : Bernard Stamm, Axel Pella, Gwenolé Gahinet, Clément Surtel et Boris Herrmann

Tour du monde en solitaire

Francis Joyon sur le trimaran IDEC part à l'assaut du record du tour du monde en solitaire

 

Arrivée à Brest

Fabuleux exploit pour ce breton de La Trinité, les autres peuvent s'accrocher : 72 jours 22 heures 54 minutes et 22 secondes

 
La Route de la Découverte

Toujours sur IDEC, un nouveau record à battre, Cadix - San Salvador (Bahamas)

22/11/2004
Lundi 22 novembre 2004, 3h00 (heure française)
Top chrono :11 jours, 3 heures, 18 minutes et 20 secondes

Un an jour pour jour après avoir coupé la ligne de départ à Brest de son fantastique tour du monde , Francis Joyon vient de franchir la ligne d’arrivée de la Route de la Découverte, parcours sur lequel il inscrit un très beau premier temps de référence en solitaire. Il s’approche en effet, avec 11 jours, 3 heures, 18 minutes et 20 secondes, du record inscrit en 2000 par Bruno Peyron et Grant Dalton à bord de Club Med !... 10 jours 14 heures !


Record de l'atlantique  

16 juin 2013
Francis Joyon pulvérise le précédent record de plus de 16h
Francis Joyon vient de pulvériser le record de la traversée de l'Atlantique Nord : 5 jours, 2 heures, 56 minutes et 10 secondes soit 16 heures, 34 minutes et 30 secondes de moins que le record préalablement établi par Thomas Coville en 2008 !

Temps de course : 5 jours 02 heures 56 minutes et 10 secondes.

Record amélioré de 16 heures 34 minutes et 30 secondes.

Distance orthodromique : 2 865 milles • Vitesse moyenne : 23,30 noeuds

Distance sur le fond : 3 222 milles • Vitesse moyenne sur le fond : 26,20 noeuds

24août 2011
Francis Joyon dans le petit port de Montauk
Francis Joyon vient de mettre pied à terre sur le quai du petit port de Montauk (East Hampton / NY). Il avait pris place cette nuit (heure française) à bord du remorqueur américain venu de Port Jefferson sur Long Island prendre en charge son trimaran géant IDEC retourné.
48 heures après son brutal chavirage survenu lundi matin, quelques heures seulement après le franchissement de la ligne de départ de sa tentative contre le record de la traversée de l'Atlantique, Francis Joyon, sain et sauf malgré une belle frayeur, a pu participer cette nuit aux opérations de prise en remorque de sa plateforme retournée. Le mât, brisé en deux parties, a cependant été récupéré, ainsi que le reste du gréement afin de libérer le trimaran et permettre le remorquage. Le lent convoi a fait route toute cette nuit à petite allure vers la pointe nord de Long Island au large de New-York. Il vient d' atteindre en ce milieu d'après midi (heure française) le petit port de Montauk où une grue a été réservée afin de permettre le retournement du bateau.
"Nous avons choisi ce petit port car il est bien abrité" expliquait Francis joint à la mi-journée à bord du remorqueur de Miller Marine Service ; "Nous avons réservé une grue capable de lever le trimaran et de le poser à l'endroit. Nous terminerons ainsi cette opération de sauvetage. J'ai réussi à préserver de l'eau tout l'électronique du bord et la plateforme, examinée par le plongeur et moi-même me semble intacte."
Francis souhaite naturellement rapatrier au plus vite son trimaran vers la Bretagne. Différentes solutions sont d'ores et déjà examinées par son équipe technique et son partenaire IDEC. Fatigué après ces deux dernières nuits mouvementées et sans sommeil, Francis se déclare très déçu de l'issue malheureuse de cette tentative. Il avoue à demi mot "s'être fait une belle peur" lors du chavirage aussi soudain que brutal, vécu comme "un véritable coup de poing qui a projeté le bateau..."

23août 2011
Remorquage
L'énorme remorqueur américain de Miller Marine Service (plus de 100 pieds) a rejoint le maxi-trimaran IDEC retourné vers 15 heures françaises. Ses 9 hommes d'équipage, dont trois plongeurs professionnels, ont découvert l'ampleur du chantier que constitue un maxi multicoque "sur le toit". IDEC à l'envers présente une silhouette très haute sur l'eau du fait de l'ampleur de ses bras de liaison.
Un plongeur est rapidement monté à bord du maxi-trimaran IDEC afin de converser avec Francis Joyon, s'assurer de sa santé, et faire le point sur la marche à suivre. Aidé de Francis, l'équipage du remorqueur s'est tout de suite attelé à détacher le gréement. "Il est important de libérer la plateforme" explique Christophe Houdet, préparateur du trimaran et qui coordonne depuis la terre cette importante logistique de secours. "Un premier examen sous marin permet d'envisager la récupération du mât et de la bôme, sans en connaître encore véritablement l'état."
Le jour s'avance sous les côtes américaines et l'équipage s'est donné la tombée de la nuit US pour en terminer avec ces travaux de nettoyage. "Le temps doit se dégrader dans les prochaines heures" précise encore Christophe Houdet, "et la mer pourrait devenir mauvaise. Le remorqueur devrait débuter la route retour vers 22 heures françaises."
Un moment envisagée, l'opération de retournement du trimaran pour faciliter le remorquage et préserver la plateforme est ainsi remise à plus tard. Christophe Houdet a repéré un endroit abrité à la pointe nord de Long Island où cette délicate opération pourrait être effectuée. D'ici là, une quarantaine de milles sont à parcourir à toute petite vitesse. La fragilité relative du trimaran interdit en effet tout remorquage à plus de deux noeuds de vitesse !

22 août 2011
Chavirage
"J'étais sur mon siège de veille à l'extérieur du bateau. Je commençais à m'extirper de la zone météorologiquement perturbée au plus près des côtes américaines. J'avais réussi à parcourir environ 90 milles sur la route dans des conditions très irrégulières et très instables, avec un vent mal établi en direction qui oscillait entre 10 et 30 noeuds. J'ai traversé quelques épisodes orageux très intenses, marqués par de violentes rafales mais c'est à un moment où je pensais m'extraire de cette zone que j'ai reçu comme un véritable coup de poing géant qui a catapulté le bateau sur le côté. Je naviguais sous grand voile arisée à trois ris, avec le petit ORC à l'avant. La violence de la rafale a été telle que le détecteur de gîte, sorte d'alarme anti chavirage n'a pas eu le temps de se déclencher ; J'ai senti la poussée et j'ai choqué la grand voile, puis le chariot en grand. Le vent a continué de pousser très violemment et j'ai senti le bateau littéralement catapulté en l'air. En quelques secondes, j'étais "sur le toit". Je me suis retrouvé sous l'eau, comme plaqué sous les filets. J'ai tenté de m'orienter pour voir comment remonter à l'air libre. C'était la nuit et le chaos. À l'énergie, je me suis retrouvé près d'un flotteur. Je ne sais trop comment j'ai rejoint le bras de liaison avant et j'ai pu me hisser sur la plateforme. J'ai ensuite rejoint l'intérieur du bateau par la trappe de survie.
Il me semble que Idec n'a pas trop souffert. J'ai environ 10 cm d'eau à l'intérieur. J'ai pu sauver mon électronique. J'ai récupéré mon téléphone Irridium pour prévenir de mon chavirage. J'ai un "flash light" très puissant et comme je sentais le bateau dériver vers la route de l'important trafic maritime vers New York, j'ai passé la fin de nuit sur les filets à signaler ma présence aux cargos. Le jour se lève à présent et ce danger est écarté. Je suis en contact heure par heure avec Christophe Houdet à terre. Je sais que de nombreuses personnes se mobilisent pour trouver un remorqueur. Je ne suis qu'à une cinquantaine de milles de Newport (Rhodes Island). Le bateau me semble intact et je sais que le gréement ne cogne pas contre la plate forme. L'état de la mer est relativeme nt calme et la température de l'air très supportable. J'ai de quoi manger. Dès qu'un navire de remorquage arrivera, je serai en mesure de larguer le gréement, et peut-être d'envisager une opération de retournement afin de faciliter le remorquage..."

Un bateau de secours est arrivé sur zone afin d'évaluer la situation, participer à la sécurisation de la zone du chavirage, et prêter éventuellement assistance à Francis. Patrice Lafargue, Président du Groupe IDEC active tout son réseau relationnel et suit en temps réel l'évolution de la situation. Francis Joyon n'envisage pas de quitter son voilier. Différents contacts sont en cours avec des remorqueurs américains et on peut raisonnablement estimer qu'une opération de récupération du bateau avec Francis à son bord se mettra en place dans la journée....

15 août 2011
Retour sur un après-midi orageux
La tentative de Francis Joyon contre le record de la traversée de l'Atlantique Nord a brutalement tourné au cauchemar hier après midi pour le skipper de Locmariaquer. Alors qu'il naviguait dans l'embouchure de l'immense Hudson River pour rejoindre la ligne de départ et la marque d'Ambrose, le grand trimaran IDEC s'est trouvé pris dans de violents orages accompagnés de pluies diluviennes. La dépression sensée propulser Joyon sur de bonnes bases au travers de l'Atlantique avait en réalité choisi de stagner et de paresser sous les rivages du New Jersey et c'est face au vent que le grand trimaran rouge tentait de rejoindre la zone de départ. Aveuglé par les trombes d'eau et quelque peu décontenancé par cet inattendu scénario météo, Francis Joyon, en louvoyant dans le chenal de l'Hudson, n'a pu éviter une bouée de c henal qui s'est glissée entre sa coque centrale et son flotteur bâbord, endommageant les carénages des bras de liaison avant et arrière du multicoque géant. A l'impossible situation météo s'ajoutait l'avarie. Francis n'avait plus qu'à faire demi tour et regagner, au prix d'invraisemblables péripéties, sa marina de départ à Brooklyn.

14 août 2011
Francis en code vert à New-York
La "fenêtre" guettée depuis la France avec l'aide experte du routeur-navigateur Jean-Yves Bernot doit s'entrouvrir dans la nuit de dimanche à lundi prochain (du 14 au 15 août ). Joyon s'extraira seul de la grande marina New-Yorkaise, glissera seul sous le pont Verrazzano au fil de l'immense Hudson river, avant de rejoindre la bouée qui remplace depuis peu la mythique Ambrose Light Tower, quelques milles au large des côtes américaines d'où il signalera à l'observateur du World Speed Sailing Record Council (organisme international qui ratifie les grands records à la voile) son heure de départ pour 2 900 milles d'aventure majuscule sur l'Atlantique nord. Tout seul.

29 juin 2011
Francis est arrivé à New-York
Francis Joyon a fait tôt ce matin son entrée à la barre du grand trimaran IDEC dans la Gateway Marina de Brooklyn au sud de Manhattan, New York. Après une harassante dernière nuit en mer, en veille permanente à l'intense circulation des cargos sur le fleuve Hudson, Francis Joyon a amarré son multicoque géant dans l'immense et tout nouveau port de plaisance du Gateway Recreational Area. Le trimaran IDEC est désormais à poste, quasiment prêt à s'élancer à l'assaut du record de la traversée de l'Atlantique entre le phare d'Ambrose et le cap Lizard. Le marin de Locmariaquer vient en effet de boucler un long convoyage de près de deux semaines en solitaire, sans déplorer le moindre dégât malgré les nombreux passages de front subis depuis son départ de La Trinité sur Mer ; "Deux ou trois jours de boulot, et IDEC sera en configuration optimum pour s'attaquer à l'Atlantique..."

23 juin 2011
Nouvelle tentative en prespective
Francis Joyon va s'attaquer au record de la traversée de l'Atlantique à la voile en solitaire. Le skipper Morbihannais du Maxi Trimaran IDEC est actuellement en convoyage vers New-York, d'où il compte s'élancer dès qu'une « fenêtre » météorologique propice se présentera. Le temps de référence est actuellement et depuis juillet 2008 la propriété de Thomas Coville sur le Maxi Trimaran Sodebo en 5 jours, 19 heures 30 minutes et 40 secondes.

24 juin 2005

Malgré les prévisions qui, en fin de semaine dernière, laissaient entrevoir la possibilité d’une ou deux fenêtres météo favorables, l’horizon ne s’est pas dégagé devant les étraves du trimaran IDEC. Et rien ne se profile dans les jours à venir…

28 juin 2005

Francis Joyon est de nouveau à pied d'oeuvre à New York, prêt à s’élancer pour une tentative contre le record de la traversée de l’Atlantique Nord en Solitaire, entre le phare d’Ambrose et le Cap Lizard ( 2 925 milles). Obstiné et déterminé, le navigateur Morbihannais retrouve son trimaran IDEC, en stand by à Manhattan de puis le 10 avril dernier et sa première tentative rapidement avortée pour cause de conditions météos trop défavorables. Francis et Jean-Yves Bernot, spécialiste météo bien connu, guettent aujourd’hui une « fenêtre » favorable, pour mercredi soir, afin de s’attaquer à un record en solitaire vieux de plus de 10 ans (Juin 1994) et propriété de Laurent Bourgnon en 7 jours, 2 heures et 34 minutes (17,3 nœuds de moyenne).

30 juin 2005

Parti de New-York pour tenter de battre le record de l´Atlantique en solitaire détenu par Laurent Bourgnon, il doit se présenter au cap Lizard avant le 7 juillet à 11 heures 16 minutes et 8 secondes GMT.

Le 1er juillet 2005

Francis Joyon est en retard sur le temps de référence

3 juillet 2005

Francis Joyon bat le record du monde des 24 heures en solitaire !

Francis Joyon à bord du trimaran IDEC a battu cet après midi le record du monde de la plus longue distance parcourue à la voile et en solitaire en 24 heures.A 17H00 (heure française), le trimaran IDEC a parcouru 543 milles sur les dernières 24 heures à la moyenne de 22,62 nœuds*.Ce record était détenu depuis juin 1994 par Laurent Bourgnon à bord de Primagaz qui avait parcouru 540 milles en 24 heures à la moyenne de 22,50 nœuds.Le géant rouge continu d´avancer à un rythme soutenu depuis hier matin et pourrait donc améliorer encore le temps de ce premier record dans les heures qui viennent.

* sous réserve de ratification par le WSSRC

5 juillet 2005

A l’orée de son 6ème jour de mer dans sa tentative contre le record absolu de la traversée de l’Atlantique à la voile et en solitaire, Francis Joyon poursuit sa folle cavalcade à 530 milles seulement de la ligne d’arrivée virtuelle. Sa vitesse moyenne depuis le départ de New York jeudi dernier est tout simplement ahurissante : 20 nœuds tout rond. Le marin de Locqmariaquer se livre sans retenue dans une quête exacerbée de vitesse et de trajectoires. Il a multiplié cette nuit les changements de voiles après deux empannages successifs destinés à le placer de manière définitive dans la belle veine de vent de Nord Ouest qui va le propulser jusqu’à la pointe de la Cornouaille anglaise. Lizard lui tend les bras. Francis pourrait dès demain en début d’après-midi signer un fabuleux exploit, en devenant le solitaire le plus rapide de tous les temps sur l’Atlantique Nord. Il devrait battre l’actuel record détenu depuis 11 ans par Laurent Bourgnon à bord du 60’ Primagaz. Ainsi se tourne une nouvelle page de la fabuleuse histoire de la traversée de l’Atlantique Nord en solitaire.

6 juillet 2005 07 h 30 mn

Le trimaran IDEC arrive vers le Cap Lizard à vive allure.
Depuis minuit, la moyenne du trimaran IDEC sur 24 heures dépasse les 500 milles. A 7H00 (heure française), il se trouvait à 164 milles de l´arrivée et était "flashé" à 27 noeuds en vitesse instantanée (23,19 noeuds de moyenne sur la dernière heure). A cette moyenne, Francis Joyon devrait franchir le Cap Lizard dans le milieu de l´après-midi et établir un nouveau temps de référence époustouflant sur le parcours New-York / Cap Lizard. Arrivée prévue vers 12h00

12 h 04 mn
ETA au Cap Lizard

A 12H00 (heure française), Francis Joyon se trouvait à 56 milles de l´arrivée.
Le trimaran IDEC pourrait donc se retrouver au pied du Cap Lizard vers 14H30 / 15H00 (heure française)

14 h 45 mn
Francis Joyon, roi de l´Atlantique

En présentant les étraves du trimaran IDEC au pied du cap Lizard (GB) à 14 heures, 44 minutes et 03 secondes (heure française), Francis Joyon vient de signer un nouveau record absolu de la traversée de l’Atlantique en solitaire, au terme de 06 jours, 04 heures, 1 minute et 37 secondes de mer.

Jeudi 7 juillet 2005 : 7h00.

Quelques heures après avoir doublé (hier) le Cap Lizard (pointe sud-ouest de l´Angleterre), au terme de son extraordinaire nouveau record de la traversée de l´Atlantique nord en solitaire, le navigateur Francis Joyon, qui faisait route cette nuit vers La Trinité sur mer à bord de son trimaran IDEC, s´est endormi à la barre de son bateau vers 1h ce matin. Le bateau s´est échoué peu après sur les rochers à la hauteur de Penmarc´h. Francis Joyon a été secouru par les pompiers qui l´on emmené à l´hôpital pour une visite de contrôle de laquelle il est sorti rapidement indemne.
Le trimaran IDEC est lui dans un moins bon état et ne devrait pas pouvoir être récupéré selon son skipper. Francis Joyon : "Le bateau est sur les rochers et je crains qu´il soit impossible de le sauver. Il est encastré les étraves dans les rochers et le cul en l´air. Le mat est tombé il y a une heure et le bateau est en train de se disloquer peu à peu. Nous tentons actuellement, avec une vedette de la SNSM de le dégager des rochers, mais je crains qu´il finisse en 1000 morceaux, à cause de la houle qui rend très difficile la manoeuvre de sauvetage".

 

30 juin 2005

c'est parti

  © Billy Black / DPPI

Le 6 juillet 2005

Record de l'Atlantique en solitaire pulvérisé de plus de 22heures

  © J.Blériot / Mer et Média
IDEC avant son naufrage dans la nuit du 7 juillet 2005
  © F. Van Malleghem / Mer et Média
7 juillet matin
  © V Mouchel
  © F. Van Malleghem / Mer et Média

Record de la Manche  

Le 17 juillet 2007
Moins d'un mois après la mise à l'eau de son trimaran géant Idec, Francis Joyon poursuit avec satisfaction la phase de mise au point de son prototype. Le Défi Penn Ar Bed disputé ce week end à Douarnenez a été l'occasion d'enchaîner en équipage nombre de manœuvres lourdes et de constater dans le feu de l'action la justesse des choix d'aménagement du plan de pont. Idec est assurément un trimaran bien né qui justifie déjà l'adéquation poids-puissance voulue par son skipper. S'il reste moult ajustements à réaliser notamment en ce qui concerne les safrans, le toujours aussi déconcertant Monsieur Joyon se déclare déjà en mesure d'aborder une transatlantique en solitaire. Point question cependant de brûler la moindre étape et Idec se verra dès cette semaine confier aux bons soins de Charlie Capelle pour l'installation de deux petits safrans de flotteurs. Francis envisage dans le courant de l'été de s'attaquer à l'un de ses propres records, celui du Tour de l'île de Wight, suivi d'une possible tentative contre le record de la traversée de la Manche…

Le 18 août 2007

Francis Joyon devrait s'élancer demain, dimanche 19 aôut, de Cowes à bord de son nouveau maxi-trimaran IDEC pour tenter de battre le record de la Manche en solitaire détenu depuis le 16 juillet 2006 par Thomas Coville. Pour cela le Trinitain devra rallier la baie de Saint-Malo en moins de 7 heures 55 minutes et 47 secondes, soit réaliser les 138 milles (250 km) du parcours à une vitesse moyenne supérieure à 17,4 noeuds.

Le 19 août 2007

Francis Joyon vient de franchir la ligne de départ à 09 heures 52 minutes et 41 secondes (heure française) sous grand voile haute et trinquette dans un vent de Nord Ouest de 18 noeuds. Pour battre le record, le maxi-trimaran IDEC doit rallier la baie de Saint-Malo avant 17 heures 47 minutes et 28 secondes (heure française)
Record à battre : Thomas Coville / 7 heures 55 minutes et 47 secondes Distance : 138 milles (250 km)


Francis Joyon a pulvérisé ce dimanche 19 août à 16 heures 16 minutes et 17 secondes le record de la traversée de la Manche en solitaire en 6 heures 23 minutes et 36 secondes. Le skipper de IDEC a effectué les 138 milles du parcours à la moyenne de 21,58 noeuds. Il améliore ainsi le temps établi par Thomas Coville à bord du trimaran de 60 pieds Sodeb'O le 16 juillet 2006 de 1 heure 32 minutes et 11 secondes.

Parti de Cowes, au Sud de l'Angleterre, à l'assaut du record de la traversée de la Manche ce matin à 09 heures 52 minutes et 41 secondes (heure française) sous grand voile haute et trinquette dans un vent de Nord Ouest soufflant à 18 noeuds, Francis Joyon et IDEC devaient rallier Dinard avant 17 heures 47 minutes et 28 secondes cet après-midi pour espérer battre le temps-référence établi par Thomas Coville à bord de son trimaran de 60 pieds Sodeb'O en juillet 2006. C'est chose faite puisque le maxi-trimaran rouge est arrivé en baie de Saint-Malo à 16 heures 16 minutes et 17 secondes. 6 heures 23 minutes 36 secondes, c'est donc le temps qu'il aura fallu à Francis Joyon pour effectuer la liaison Cowes-Dinard. Coville avait mis 7 heures 55 minutes et 47 secondes pour boucler les 138 milles de course (250km). Le skipper de IDEC aura donc mis 1 heure 32 minutes et 11 secondes de moins que le Costarmoricain pour signer son premier record en solitaire à bord du maxi-multicoque de 30 mètres, mis à l'eau le 19 juin dernier.

  Son nouveau catamaran
  ©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Record du Tour du Monde  

dimanche 20 janvier 2008 :
00h39'58'' : l'exploit ! 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes

Exploit. Le trimaran IDEC a coupé la ligne d'arrivée à Brest ce dimanche 20 janvier 2008 à 00h39'58''heure française. A 51 ans, Francis Joyon (re)devient ainsi le solitaire le plus rapide autour du monde en 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes. Il atomise de 14 jours, 44 minutes et 27 secondes le précédent record, détenu depuis 2005 par la navigatrice britannique Ellen MacArthur !

L'exploit est ahurissant : alors qu'il pensait simplement descendre sous la barre des 70 jours (le temps à battre était de 71 jours et 14 heures), le marin morbihannais passe sous celle des 60 et même donc en-deçà de celle des 58 jours. A bord d'IDEC, Francis Joyon a parcouru réellement près de 26 400 milles nautiques (près de 49000 kilomètres) à la moyenne extravagante sur l'eau de 19,09 nœuds, près de 4 nœuds de moyenne de plus qu'Ellen MacArthur !
Francis Joyon devient en prime le seul marin au monde à avoir réussi deux fois une circumnavigation solitaire en multicoques et sans escales, après son premier record de 2004. Exploit que seule Ellen MacArthur devait réussir à son tour ensuite une fois, en 2005, ce qui lui valut au passage son anoblissement par la Reine d'Angleterre.

Le 2e chrono de tous les temps

Il faut encore bien mesurer que Francis Joyon vient de signer le deuxième chrono de tous les temps autour du monde… équipages compris ! Ainsi le record en équipage du géant Cheyenne de Steve Fossett (58 jours, 9 heures et 32 minutes en avril 2004) est battu. Seul l'équipage du maxi-cataman Orange II de Bruno Peyron conserve le chrono absolu en un peu plus de 50 jours.
A bord de son trimaran de 30 mètres dessiné par le cabinet d'architectes Irens/Cabaret, Francis Joyon a en prime la satisfaction d'avoir réalisé un tour du monde entièrement « propre », sans aucune énergie fossile (aucun moteur), ne fabriquant son énergie qu'à l'aide d'une éolienne et de panneaux solaires.
Après une dernière semaine de course très éprouvante pour les nerfs – un hauban menaçant de tomber, ce qui aurait entraîné le démâtage d'IDEC - Francis Joyon reste encore quelques heures en mer après ce passage de la ligne d'arrivée. Il débarquera au port de commerce de Brest ce dimanche matin à 9h.

08h39 :
Déjà la fête des retrouvailles en rade de Brest

Le jour se lève à peine et Brest est déjà debout pour accueillir Francis Joyon et saluer son immense exploit. De nombreuses vedettes à passagers, voiliers et semi-rigides se dirigent en ce moment même vers le grand trimaran rouge du marin trinitain et vont lui faire une escorte d'honneur, pour son grand retour à terre après plus de 57 jours de navigation solitaire autour de la planète. La rade de Brest s'anime. A terre aussi, ça fleure bon les retrouvailles, entre autres au quai Malbert du port de commerce où Francis va être accueilli dans une ambiance festive avant de répondre aux questions des médias et surtout de pouvoir enfin serrer dans ses grands bras sa famille et ses amis. "Jamais Francis n'aurait imaginé battre le record avec un tel écart" témoignait hier sa femme Virginie, "il a beaucoup donné pour aller au bout de son rêve... je suis très fière de lui".

14h15 :
Ellen McArthur est là pour féliciter Francis

C'est super de la part d'Ellen, à lire ici

samedi 19 janvier 2008 :
08h57 : 300 milles et décompte....

Point de fléchissement cette nuit pour IDEC et Francis Joyon lancés à toute allure dans le Golfe de Gascogne vers la conclusion de son extraordinaire tour du monde. Avec des pointes à plus de 24 noeuds dans du vent toujours fort (25 noeuds), le grand trimaran rouge profite à plein du régime dépressionnaire accroché au nord des Açores. Tribord amure, soit le bord "chéri" par Francis pour soulager un multicoque fatigué dont le mât se refuse dorénavant à pivoter sur l'autre amure, IDEC parvient à gagner en latitude vers la pointe de Bretagne. Mais avec l'adonnante, vent tournant de plus en plus à l'Ouest, Francis va aujourd'hui devoir choisir entre route directe vent arrière, une allure moins rapide pour un multicoque, et réaliser un petit contrebord pour redonner à IDEC un meilleur angle de vent pour embouquer le goulet de Brest... Comme un athlète aux muscles endoloris, IDEC rechigne quelque peu à la manoeuvre. Francis perdra un peu de temps dans l'opération mais devrait malgré tout se présenter devant le "Petit Minou" vers 3 heures du matin demain dimanche, après 57 jours de mer....
09h43 : L'accueil des Brestois...

Avec un passage de ligne qui se confirme d'heure en heure pour les premières heures de dimanche (3 heures?), c'est vers 9 heures que Francis Joyon fera son entrée dans la rade de Brest. Il viendra amarrer son "géant" IDEC au ponton de la Recouvrance, quai Malbert Port de commerce de Brest à 10 heures 30. Un podium grand public est installé quai Malbert pour recueillir vers 11 heures 30 les premiers mots et les premières réactions du nouveau recordman du tour du monde en solitaire.

16h00 : Dernier contre-bord

« Jean-Yves voulait que je le fasse depuis avant les Açores, je me suis enfin décidé !" Bien calé dans le fort régime de Sud Ouest qui cavale en force vers la pointe de Bretagne, IDEC a encore connu une nuit rapide, et Francis a le plus longtemps possible retardé le moment de rompre avec ce flux porteur pour aller chercher un nouveau "carburant" encore mieux adapter à clore en beauté la belle aventure : « J'ai eu jusqu'à 30 nœuds cette nuit, assez régulier. J'ai empanné ce midi, je fais un petit contre-bord, pendant qu'il fait encore jour, avec de la visibilité et sans être dans le rail des cargos ». Afin d'éviter une zone de "molle" dans son sud, Francis a ainsi décidé de "sacrifier" la belle parabole de sa trajectoire depuis les Açores. "L'empannage s'est bien passé, à part que maintenant le bateau est en travers de la houle, mais ça va. D'ici deux heures je vais réempanner et pouvoir progresser jusqu'à Brest.»

Sécurité maximum à l'approche de la ligne...
Veille aux cargos, veille au baro, et veille au "matos" ; la distance au but se réduit, mais la vigilance du skipper reste à son maximum ; "La drisse de GV, plus le temps passe, moins ça m'inquiète, car même si elle lâche maintenant, ce n'est plus dramatique, je pourrai finir sous voile d'avant, cela ne ferait qu'un retard de quelques heures ». Francis s'accorde un peu de détente. Le retour dans le monde des terriens n'est jamais chose aisée pour les navigateurs solitaires. Francis se sait attendu, pas ses proches, ses amis, ses partenaires, les médias, et la foule des anonymes qui par milliers, ont témoigné avec des mots souvent touchants de sincérité leur admiration pour un exploit réalisé dans l'humilité et la simplicité. « J'ai dormi un peu cette nuit pour me préparer à la nuit blanche de l'arrivée. Le manque de sommeil, me fait ressentir aussi de la tension ; je vois bien que je m'énerve pour pas grand chose, des trucs comme ça… Ma cheville ? ça fait partie des plaies et bosses mais tout est bien réparé. Je dois être d'une constitution à peu près bonne. S'il fallait faire le retour, je serais en état ! »

Vers un record historique
57 jours et une poignée d'heures de rêve, de passion, d'évasion. Un nouveau record s'annonce. Dame Ellen MacArthur est à Brest, première admiratrice de Joyon. Temps référence, records, moyennes et performances... un tour du monde scandé d'exploits peut donner le tournis. Celui de Francis, n'en déplaise au principal intéressé, a touché, interpellé, par l'esprit dans lequel il a été disputé, dans ce respect absolu de la mer et des éléments et ce sentiment de bien être originel si généreusement partagé et qui perce dans ses paroles du jour : « Je ressens un peu d'énervement, un peu de tension... des choses nouvelles à gérer alors que jusque là, la vie était extrêmement simple, il suffisait de faire la bonne route, les bons choix de manœuvre… la vie simple quoi. »`

vendredi 18 janvier :
Ca sent l'écurie

Francis Joyon s'en amusait hier, mais cette fois, à un peu plus de 800 milles de l'entrée du goulet de Brest, terme de son extraordinaire circumnavigation, l'aventure du marin solitaire touche à son terme. IDEC franchira dans quelques heures la latitude du cap Finisterre, à la pointe occidentale de la péninsule Ibérique. Bien appuyé sur son floteur bâbord, dans un régime de Sud Ouest soutenu et régulier, le grand trimaran rouge doit prolonger le bel élan qui le propulse depuis 24 heures à plus de 20 noeuds en ligne directe vers l'arrivée. Plus de 480 milles ont à ce rythme été couvert en une seule journée et sauf avarie, hantise permanente du Solitaire, cette journée de vendredi devrait être marquée du même sceau de la performance maîtrisée, Joyon affirmant "en garder sous le pied" afin de ménager un multicoque fatigué. A l'instar de ce qui a été accompli depuis 56 jours et plus de 25 000 milles, sa trajectoire définie en complète harmonie avec Jean Yves Bernot, force l'admiration, bien calée en avant du centre dépressionnaire dans la bonne veine de vent. Avec une vingtaine de noeuds de vent aux allures de largue, IDEC, certes blessé, vole vers la conclusion attendue dans la nuit de samedi à dimanche de l'un des plus grands exploits maritimes de la décennie....

jeudi 17 janvier 2008 :
Joyon aux Açores

Francis Joyon naviguera ce matin au beau milieu de l'archipel des Açores. Le vent de Sud Ouest qu'il a accroché hier en arrière de l'anticyclone l'a toute la nuit propulsé à bonne allure vers l'archipel et Francis a choisi de passer entre les îles de Terceira à bâbord et sao Miguel à son vent. A 1 300 milles de l'arrivée, la route du grand trimaran est parfaitement optimisée et chaque mille avalé à près de 20 noeuds rapproche IDEC de Brest sur la route directe. Francis espère dès aujourd'hui passer sans encombre de l'influence de l'anticyclone aux vents puissants des dépressions qui circulent en Atlantique Nord. Il conviendra de ne pas trop tutoyer le centre de ces dernières où 50 noeuds de vent sévissent. Et tout état de cause, c'est toujours au portant et tribord amure qu'IDEC entame son sprint final....

mercredi 16 janvier 2008 :
Sur la route

Avec l'adonnante, IDEC et Francis Joyon ont depuis hier soir arrondi leur route dans l'ouest du centre des hautes pressions. Au petit trot, certes, dans un vent mollissant, le skipper Trinitain a franchement orienté ses étraves vers les Açores et... Brest. A 12 ou 13 noeuds efficaces, IDEC se rapproche à présent directement de l'arrivée situé ce matin à quelques 1 750 milles. Toujours tribord amure, le voilier est dorénavant poussé par des régimes de plus en plus installés au Sud Ouest. Un empannage est à venir pour gagner les flux encore plus soutenus qui sévissent au large de la péninsule Ibérique. Ce sont ces airs puissants qui propulseront IDEC vers la pointe de Bretagne. Alors qu'il annonçait hier souhaiter effectuer aujourd'hui cette si cruciale escalade de son mât pour une ultime séance d'inspection-consolidation de l'ancrage de hauban, il semblerait, au vu des caps et vitesses enregistrés hier entre 16 et 17 heures, que ce diable d'homme ait déjà réalisé sa 4ème ascension....

mardi 15 janvier 2008 :
Joyon à 2 000 milles de Brest.

19 600 nautiques parcourus sur l'ortho, 24 500 réellement avalés à plus de 19 noeuds de moyenne et ce chiffre de 2 000 milles restant en ligne directe pour rallier Brest. Chiffre ténu en comparaison de la tâche réalisée, mais derrière lequel on discerne tant de difficultés, au premier rang desquelles, la préservation d'un trimaran IDEC à juste titre fatigué. Respecter un plan de route, une stratégie météo est devenu dans ces conditions une véritable gageure, tant Francis se trouve désormais partagé entre quête de la performance et soucis de limiter les risques. En rejoignant ce matin la latitude des Canaries, Joyon va aussi aborder le centre anticyclonique qui évolue dans le Sud des Açores. En contournant ce centre par l'ouest, IDEC va retrouver (enfin!) des allures portantes, avec à court terme, un empannage extrèmement délicat à négocier, la tension sur le hauban blessé se voyant alors fortement sollicitée... Francis, prudent, et en phase avec son complice à terre Jean-Yves Bernot, parlait hier d'une possible arrivée lundi prochain...

lundi 14 janvier 2008 :
Une bien belle nuit

C'est une nouvelle nuit comptablement très intéressante que vient de vivre Francis Joyon à bord de son trimaran géant IDEC. Au près dans un alizé forcissant, et malgré l'omniprésence de cet ancrage de hauban tribord fragilisé, il vient d'aligner une belle journée à près de 420 milles, soit une vitesse en permanence au dessus des 17 noeuds. Reste une trajectoire encore éloignée de la route directe, et des milles vers Brest très durement gagnés. Mais l'alizé doit prendre aujourd'hui une orientation plus franche à l'Est qui permettra à Joyon de lofer enfin et d'améliorer on VMG (Velocity Made Good), soit le gain efficace vers son but. Tout cela a bien entendu un prix ; le prix de voir depuis 48 heures le trimaran sollicité par près de 24 000 milles de course taper toujours et encore dans la forte houle alizéenne, et le prix du stress engendré par cette épée de Damoclès suspendue plusieurs dizaines de mètres au-dessus du pont du trimaran. Prudent et au petit soin pour son mât blessé, Joyon s'attache à plus que jamais rester en phase avec l'évolution des systèmes météos qui préfigurent sa route du retour. D'ici 24 heures, il lui faudra négocier un crucial virement de bord sous l'anticyclone des Açores, gérer au mieux une zone de transition et attraper les flux d'Ouest qui le ramèneront à la maison. Aller vite, sous la menace, toujours, encore...
"C'est un peu galère"... lâchée laconiquement et sans émotion palpable, cette petite phrase prend, pour ceux qui connaissent Joyon, une résonance bien singulière, teintée de sous entendus et de pudeur, pour ne pas dire la violence et la difficulté des moments vécus cette nuit. Dans un alizé bien loin de son image d'Epinal, IDEC s'est durement fait secouer face à une mer très hachée, et sous une succession de grains. Francis s'est évertué, aux dépens de tout repos, à atténuer du mieux possible les "souffrances " du bateau, s"écartant de la route, renvoyant puis reprenant un ris, alternant foc de tempête et trinquette, jusqu'à la tant redoutée succession de "petites" casses, celles qui pourrissent la vie du marin, au terme de 23 000 milles et 52 jours de course. Loin là-bas au large de la Mauritanie, l'angoisse chevillée aux tripes de savoir son mât fragilisé, Joyon n'a pourtant en rien relâché la pression du record. Son tableau de marche est tout tracé dans son esprit, de la sortie du régime d'alizés à la transition des Açores, jusqu'au train des forts régimes de Sud sud Ouest qui le ramèneront, coûte que coûte, vers Brest et la maison...
Litanie des avaries
Une nouvelle avarie aura donc à nouveau perturbé la progression du trimaran géant IDEC cette nuit. C'est l'étai de trinquette qui a cette fois fait les frais des chocs répétés contre la houle. "La voile est partie dans tous les azimuts" raconte Francis, "Et les petites avaries se sont enchaînées, avec une poulie brisée qui m'a fait un trou dans le pont... Il m'a fallu ressortir la boîte à outils et la résine, réparer le pont, récupérer ma voile..." 27, 28 noeuds de vent au près et dans une mer dure ont ainsi toute la nuit méchamment chahuté IDEC. Avec le premier jour, la rotation du vent à l'Est s'est faite plus précise. Plus que jamais en mode "record", Francis renvoyait alors et dès les premiers signes de « mollissement » un ris puis sa trinquette en lieu et place du petit tourmentin. "Je ne peux pas encore trop "jouer" avec la trinquette avoue Francis, car le tambour d'enrouleur est brisé..." La litanie des avaries atteindrait probablement n'importe quel marin. Pas Francis. A chaque problème, sa solution, quel qu'en soit le prix en temps et en effort physique. "Je ne me suis guère reposé tant le bateau tapait".

Bandage autour du mât
Obnubilé par la fragilité de son mât, Francis reste concentré à sa trajectoire et la bonne synchronisation avec l'enchaînement des systèmes météos à venir. Ce 53ème jour de course devrait lui apporter un peu de répit avec une mer mieux ordonnée et un angle de vent plus favorable. Se profile à moins de 36 heures de ses étraves le coeur de l'anticyclone des Açores, qu'IDEC laissera sur tribord, afin d'entrer sans trop de transition dans un flux de Sud Sud Ouest synonyme d'empannage. Francis aura préalablement profité des calmes de la proximité du centre des hautes pressions pour effectuer une nouvelle escalade du mât ; "Je vais en profiter pour effectuer une dernière évaluation des mouvements de l'axe qui tient le hauban" explique-t-il. "Je pense écraser le filetage au marteau afin de le "gripper" définitivement. Je sécuriserai ensuite l'ensemble par un "bandage" autour du mât. J'ai déjà passé une drisse en doublement du hauban tribord".

Des conditions homériques pour le sprint final…
Ayant ainsi fait tout ce qui est en son pouvoir, Francis abordera sa dernière ligne droite, son dernier sprint que les conditions de vent fort, 40-45 noeuds, annoncent homériques, à la mesure d'un tour du monde en tout point unique, et que Francis tient plus que tout à clore en beauté.

dimanche 13 janvier 2008 :
Tout en prudence

Plus que jamais aux petits soins pour son trimaran blessé, Francis Joyon parvient petit à petit à rejoindre la route directe vers Brest. L'alizé qui soufflait hier encore droit sur ses étraves tourne doucement à l'Est et IDEC infléchit à l'unisson son cap pour regarder de plus en plus franchement vers l'arrivée. A 2 500 milles du terme de son aventure, Joyon dispose aujourd'hui de plus de 2 600 milles d'avance sur la position d'Ellen MacArthur. Jumelle en main, il scrute régulièrement l'ancrage de son hauban tribord afin d'évaluer au mieux la bonne tenue de sa consolidation de fortune. Dès que l'état de la mer le permettra, Joyon compte bien effectuer une 4ème ascension du mât en 3 jours, afin de procéder à un "ceinturage" de l'ensemble de la zone fragilisée, avec l'espoir de freiner une fois pour toute de dévissage de ce maudit axe. IDEC atteindra ce matin la latitude de l'archipel du Cap Vert. Le grand trimaran rouge progresse à plus de 17 noeuds sur la route, une vitesse certes inférieure à celle que Francis aurait pu tenir en d'autres circonstances. Contre le vent, la performance reste honorable. Travers au vent, Francis s'enhardira-t'il davantage, au point peut-être de renvoyer un peu de toile? c'est là toute l'inconnue de cette fin stressante de Tour du monde, où placer le curseur de la vitesse entre prudence et performance?
Journée sous haute tension
Au coeur de l'Océan Atlantique, loin par le travers des îles du Cap Vert, Francis Joyon se prépare à entrer dans le plus fort des vents alizéens qui soufflent du Nord Est depuis les rivages marocains. La nuit dernière s'est déroulée sereinement, sans autre embûche qu'un gros grain venu secouer IDEC en milieu de nuit. Francis Joyon, après 48 heures très difficiles passées à d'abord s'extraire du Pot au Noir puis à tenter de juguler un sérieux problème d'ancrage de son hauban tribord, a enfin pu souffler quelque peu et goûter un repos bien nécessaire. Avec le renforcement de l'alizé, c'est bien entendu l'état de la mer, plus "agressive" aux dires de Francis Joyon, qui va rendre la progression du trimaran plus pénible, avec les chocs violents face à la houle de plus en plus creuse. C'est aussi le stress qui va aller croissant à l'idée de savoir son mât fragilisé subir de nouvelles épreuves. L'opération de "ceinturage" de la partie blessée n'est en tous cas par à l'ordre de cette 52ème journée de mer qui débute. Un peu plus de 2 500 milles nautiques restent à parcourir, 2 500 pas de géant à la mesure d'IDEC, à l'image de Francis si solide dans l'adversité.

samedi 12 janvier :
IDEC au petit trot

IDEC et Francis Joyon bouclent ce matin leur cinquantième jour de mer. La chevauchée spectaculaire du grand trimaran rouge a connu hier un brutal coup d'arrêt avec la découverte d'une grave faiblesse au point d'ancrage du hauban tribord. Désserré, l'axe de fixation fait dorénavant planer un terrible risque de démâtage au dessus d'une tentative si remarquablement maîtrisée. Pourtant, c'est avec cette épée de Damoclès suspendue au dessus de sa tête que Francis Joyon poursuit tant bien que mal sa progression. Sans les outils ni les moyens adéquats pour réparer, il est ce matin contraint d'avancer avec circonspection vers Brest et l'arrivée en ménageant sa monture, voilure volontairement réduite. L'alizé de Nord Est est pourtant bien là, et s'il ne fait pas encore totalement la route, le grand trimaran pourrait en temps normal accélérer et afficher des vitesses largement supérieures aux 13-14 noeuds affichés depuis l'incident. Chaque jour, chaque heure va dorénavant être marquée du sceau de l'angoisse et des interrogations ; tiendra? tiendra pas? Francis peut il seul sécuriser le mât de son multicoque géant? Trouvera-t'il sur sa route les conditions clémentes pour ménager son mât blessé? A 2 800 milles de la délivrance, l'aventure d'IDEC et de Francis Joyon a pris une tournure qui dépasse chiffres et performance sportive... voir la carte

vendredi 11 janvier 2008 :
Pot au Noir! Deuxième!

Pour la seconde fois en près de 49 jours de course, Francis Joyon et IDEC négocient la délicate Zone de Convergence Intertropicale, aussi dénommée Pot au Noir, dans le Nord immédiat de l'Equateur. Comme c'est le cas dans cette bizarrerie climatique du globe, les vents instables en force et en direction, contraignent les marins à d'innombrables manoeuvres pour adapter cap et voilure aux situations à calmes ou à grains qui se multiplient à chaque instant. Sérieusement ralenti depuis hier après-midi, IDEC n'en a point pour autant totalement stoppé sa progression. Le grand trimaran évolue déjà par plus de 3 degrés de latitude Nord et Francis a choisi ces dernières heures d'incliner un peu sa route vers l'Ouest afin de ne pas accompagner le déplacement des calmes vers le Nord Est. Des vents alizéens soufflent en force sur sa route ; encore un petit effort et ils viendront à nouveau propulser IDEC à des allures certes un peu moins débridées mais à bonne vitesse sur la route de Brest.

Sérieuse avarie à bord de IDEC ...
Avec plus de 22 800 milles au compteur, parcourus à grande vitesse et sans ménagement, IDEC montre quelques signes de fatigue. Au terme d'une nuit dantesque de bagarre dans les grains du pot au noir, Francis Joyon déplore deux avaries qui freinent aujourd'hui sa progression sur la route de Brest. C'est d'abord la rupture de la drisse de grand voile qui a contraint cette nuit le skipper d'IDEC à une périlleuse ascension dans le mât. Et c'est en tête du mât que Francis a découvert un problème beaucoup plus sérieux au niveau de l'ancrage du hauban tribord. Ce lourd et épais câble qui retient le mât en latéral est fixé sur l'espar par un axe. Et c'est précisément cet axe qui a commencé à se dévisser et à sortir de son puit. Francis s'est donc imposé une nouvelle escalade en tête de mât, pour tenter de sécuriser le hauban et de revisser cet axe vital. Il a entre temps considérablement réduit l'allure du trimaran, ne naviguant désormais plus que sous trinquette et trois ris. Le risque est bien évidemment le démâtage du bateau.


jeudi 10 janvier 2008 :
L'homme pressé

C'est en marin pressé d'en finir avec un Atlantique Sud plein de contrastes que Francis Joyon se rue depuis 24 heures vers l'Equateur, ligne parfaitement symbolique du partage des hémisphères et dont le franchissement ce jour revêtira un caractère fort chargé en émotions de toutes sortes. L'émotion notamment d'un nouveau "chrono" en tous points époustouflant, du niveau des performances déjà enregistrées lors de chacun des passages intermédiaires de ce tour du monde, à Bonne Espérance, Leuwin ou dernièrement au cap Horn. Pensez donc, 48 jours et quelques heures pour rallier l'Equateur au terme de plus de 28 000 de course en distance orthodromique! Pénalisantes depuis le Horn, les conditions météos se sont enfin faites plus propices à la vitesse et depuis 24 heures, IDEC et Joyon ne boudent pas leur plaisir et ouvrent grand les voiles dans un alizé de Sud Est établi à une quinzaine de noeuds. Il n'en faut pas plus pour que le grand trimaran rouge retrouve un niveau de performances élevé, 526 miles nautiques parcourus à près de 22 noeuds de moyenne. Les compteurs s'affolent à nouveau. L'avance sur la position d'Ellen MacArthur est repartie en flèche, alors que Brest et sa ligne d'arrivée ne sont plus distantes ce matin que de ... 3 300 milles. Ce jeudi sera donc marqué par le retour de Joyon dans l'hémisphère Nord. L'épreuve du pot au Noir l'attend de nouveau et le marin Trinitain espère, après études avec la complicité de Jean-Yves Bernot des images satellites, qu'un franchissement par 30 degrés de longitude lui permettra d'entrer sans grande transition dans les régimes de Nord Est bien soutenus.

mercredi 9 janvier 2008 :
Joyon tout Schuss!

L'alizé dit de Sud Est permet comme prévu à Francis Joyon de pointer résolument les étraves de son grand IDEC tribord amure cap plein Nord vers l'Equateur. Par le travers de Fortaleza et dans la chaleur Brésilienne, le marin de Locmariaquer a retrouvé la grande foulée qui était sa marque de fabrique jusqu'au cap Horn, avec dorénavant une vitesse de rapprochement, un gain efficace sur la route qui relancent à la hausse son bilan de performances. L'Equateur est en vue, symbolique porte du retour vers Brest et la maison. Castorama, le trimaran d'Ellen MacArthur s'y était présenté en 2004 au terme de 60 jours et 13 heures de course record. Le maxi catamaran Cheyenne du regretté Steve Fossett l'avait rejoint en un peu plus de 50 journées. En s'y présentant demain jeudi dans la soirée, l'extraordinaire Monsieur Joyon signerait une "carte" de...48 jours et quelques heures ! Le magazine anglo-saxon SeaHorse traduit ce mois ci son fair-play et son admiration en posant avec humour la vraie question : "Does Francis Joyon really put his trews on one leg at a time like the rest of us?" Francis enfile t'il ses pantalons une jambe à la fois comme chacun de nous?

mardi 8 janvier 2008 :
Ca sent l'adonnante

Francis Joyon et IDEC incurvent lentement mais sûrement depuis hier après-midi leur route au Nord Nord Ouest. Ce n'est pas encore la route directe vers Brest et "la maison", mais après une semaine passée à louvoyer au gré des grains disséminés en plein dans son axe, Francis ne doit certes pas déplorer de pouvoir ainsi rester tribord amure à jouer avec les oscillations du vent. Ce dernier devrait gagner en force et en stabilité tout en prenant de plus en plus de droite (Est). Le géant IDEC pourra ainsi s'appuyer plus que lutter contre les éléments et allonger une foulée que l'on sait longue et déliée depuis ses exploits dans les mers hostiles du grand Sud. Avec cette adonnante tant attendue et les régimes alizéens d'Est, l'exercice comptable de l'entreprise Joyon va de nouveau voir ses chiffres prendre de la hauteur. Ce matin déjà, son avance "pharaonique" sur le record d'Ellen, en chute libre depuis le Horn ( plus de mille milles nautiques "perdus") est reparti à la hausse. Au terme de 45 jours de course, Dame Ellen venait en 2004 de franchir le cap Horn. IDEC pointe lui vers la corne du Brésil. Francis aura ce soir glissé sous la barre des 4 000 milles restant à parcourir. Un passage de l'Equateur est envisageable après demain jeudi. Resteront à négocier le Pot au Noir et les régimes dépressionnaires d'Ouest d'Atlantique Nord bien connus du navigateur Morbihannais...

lundi 7 janvier 2008 :
Bientôt l'alizé?

La lente remontée de l'Atlantique Sud effectuée depuis une semaine par IDEC et Francis Joyon devrait bientôt prendre un nouveau visage avec la proximité de régimes alizéens d'Est. Francis évolue en effet ce matin par 23 degrés de latitude Sud au large de Rio de Janeiro et le vent obstinément orienté plein Nord depuis plusieurs jours devrait enfin prendre un peu de droite, offrant au maxi trimaran un meilleur angle de progression plus favorable à la vitesse. Comme à l'accoutumé peu avare de ses efforts, Francis a toute la semaine multiplié les virements de bords pour conserver, à défaut d'une vitesse élevée, une trajectoire au plus près de la route directe. Il a pu ainsi aligner des journées à 250 et quelques milles qui, à moins de 5 000 milles de l'arrivée et au terme de son 45ème jour de course, lui préservent une marge appréciable sur le record d'Ellen MacArthur.
Joyon l'écologiste

S'il souffre pour son bateau aux allures de près, Joyon souffre aussi pour la planète mer. La présence des glaces à des latitudes inhabituelles est un signal alarmant et une menace qui va bien au-delà de la sécurité des voiliers qui parent dans ces endroits du monde ; "Voir de tels morceaux de banquise si nombreux à la dérive dans ces parages révèlent l'ampleur des dégâts déjà causés à notre planète" s'inquiète Joyon. "Et les autres océans témoignent aussi du manque de respect de l'homme pour la nature quand on voit tout ce qui flotte entre deux eaux sous toutes les latitudes, morceaux de bois et autres conteneurs..."

dimanche 6 janvier 2008 :
IDEC toujours au près

IDEC remonte toujours au près en tirant des bords au grand large du Brésil, luttant contre un vent de face de secteur nord. Francis Joyon a atteint cette nuit les 27 degrés de latitude sud et après un bord au nord-ouest toute la nuit il vient de virer, à 6h50 ce dimanche matin, sur le bord jusqu'ici plus favorable - vers le nord-est donc - cap au 60. La progression est logiquement lente comme prévu vendredi par Francis Joyon (sur des bases de 250 milles à la journée) mais IDEC avance néanmoins toujours efficacement, compte tenu des conditions, vers les alizés d'Est qui permettront d'allonger à nouveau la foulée. Ceux-ci sont attendus pour ce soir ou demain lundi. L'avance d'IDEC sur le record d'Ellen MacArthur a logiquement chuté, mais reste conséquente, à 2725 milles ce matin soit plus de 5000 kilomètres. A son 44e jour de mer, il reste 4724 milles à parcourir à Francis Joyon pour rallier la ligne d'arrivée à Brest.

Cette nuit Thomas Colville ravi le record des 24h de plus de 3 milles, mais doit abandonner la poursuite sur casse de la crash box...

samedi 5 janvier 2008 :
La barre des 5000 milles

IDEC est passé cette nuit sous la barre des 5000 milles restant à parcourir sur la route directe pour boucler son tour du monde. A 8 h ce samedi matin, le trimaran de Francis Joyon était à 4930 milles du but, par 30° de latitude Sud et 30° de longitude Ouest, soit à la hauteur de Porto Alegre, au Brésil. Comme hier et comme prévu, IDEC navigue au près. Francis Joyon a viré de bord hier soir navigue désormais babord amure, cap au Nord-Est. Un bord plus favorable en ce moment, avec une VMG plus efficace et une moyenne sur 4 heures qui frise les 16 noeuds. La montée de l'Atlantique Sud à la recherche des alizés d'Est se poursuit. Elle devrait durer tout le week-end.

vendredi 4 janvier 2008 :
Le point météo de Jean-Yves Bernot :

« Hier, Francis s'est donc décidé à traverser la bulle anticyclonique et il a bien fait d'y aller car on ne pouvait plus reculer : le système grossit et ça aurait été bien pire de n'y aller qu'aujourd'hui. En ce moment il fait la bordure de l'anticyclone et fait un bord tribord amûre au près qu'il devra enchaîner avec du babord et ainsi de suite. Il lui faut suivre les oscillations du vent qui est globalement de secteur nord pour 15 à 18 nœuds et il arrive à faire un cap moyen au nord, ce n'est donc pas si mal et la mer n'est pas trop mauvaise, ce n'est donc pas un près trop difficile. Il en a pour 48 à 72 heures de ce régime à tirer des bords au près, grosso modo jusqu'à lundi 7 janvier, avant que le vent adonne. On était bien content de trouver ce vent de nord pour descendre à l'aller, il ne faut pas se plaindre de l'avoir au retour ! J'estime qu'au vu des conditions, Francis s'en sort très bien. Je sais qu'il n'aime pas faire du près, mais là il n'y a pas le choix : il n'y a pas d'autre moyen pour gagner en latitude nord et passé le week-end, cela ira beaucoup mieux. Il pourra de nouveau engranger des moyennes élevées sur la route ».

jeudi 3 janvier 2008 :
IDEC freiné au large de l'Uruguay

IDEC est ce matin au grand large de l'Uruguay et de sa capitale Montevideo. Francis Joyon a réussi à bien gagner en latitude en faisant un cap plein nord depuis 20h hier soir et il est maintenant largement sorti des Quarantièmes : à 6h ce matin, IDEC naviguait par 37° Sud et 29° Ouest. Mais comme il l'annonçait hier, Francis Joyon commençait à être confronté à des vents faibles qui faisaient chuter la vitesse à moins de 10 noeuds. Une navigation complexe commence pour s'extirper de l'anticyclone qui barre la route vers les vents d'Est. L'avance sur le record d'Ellen MacArthur s'en ressent légèrement (une cinquantaine de milles) mais elle reste supérieure à 3360 milles. IDEC a bouclé dans la nuit les trois quarts du parcours de son tour du monde en passant au-dessous de la barre des 5400 nautiques (théoriques) restant à couvrir pour boucler la boucle.

mercredi 2 janvier 2008 :
Symboles au programme du jour

Plusieurs symboles aujourd'hui au programme pour Francis Joyon : 40 jours de course au record planétaire en solitaire seront achevés ce midi. Et le grand trimaran IDEC va aussi sortir aujourd'hui définitivement des Quarantièmes rugissants, en même temps qu'il gagne en latitude dans l'Atlantique Sud, au grand large de l'Argentine. A noter qu'IDEC va "croiser" - à grande distance - son concurrent Sodebo puisque Thomas Coville, lui, s'apprête justement à entrer dans les 40eme mais dans l'autre sens, en allant chercher le cap de Bonne Espérance. Cette journée de mercredi devrait également marquer pour Francis Joyon la barre, elle aussi symbolique, des trois-quarts du chemin parcouru.
A 6h30 ce matin, IDEC faisait toujours cap au Nord-Est à plus de 20 noeuds de moyenne, par 42°54 Sud et 32°43 Ouest. Francis Joyon s'apprêtait à signer une très belle quarantième journée de course, en naviguant sur les bases d'une distance sur 24 heures estimée à plus de 480 milles. Son avance sur le chrono d'Ellen MacArthur est toujours de l'ordre de 3400 milles nautiques. Par rapport à Thomas Coville, l'avance de Francis Joyon - au 16e jour de course de Sodeb'O - est ce matin supérieure à 4 jours.

mardi 1er janvier 2008 :
Francis Joyon à moins de 6000 milles du but

En bouclant son 39e jour de course, Francis Joyon est passé ce matin sous la barre des 6000 milles restant à parcourir pour rallier Brest et boucler son tour du monde. IDEC affiche toujours une avance de plus de 3450 milles sur le chrono de référence d'Ellen MacArthur. Tirant des bords au vent arrière pour garder un bon angle et donc de la vitesse (de l'ordre de 17 à 20 noeuds ces dernières heures), le trimaran IDEC navigue au très grand large de l'Argentine, par 46 degrés de latitude sud et 40 degrés de longitude ouest. Francis Joyon, qui a joint brièvement son équipe à terre, a indiqué qu'il avait enfin pu se reposer et récupérer en début de nuit. Il a confirmé qu'il recevait du vent de sud-sud-ouest, et qu'après un contre-bord dans la nuit il faisait de nouveau cap au nord-est (60°). Enfin, le skipper d'IDEC a estimé que les conditions étaient bonnes encore pour les prochaines 24 heures.

lundi 31 décembre 2007 :
Francis Joyon accélère de nouveau

Tout va beaucoup mieux à bord d'IDEC en ce dernier jour de 2007. Après avoir copieusement mangé son pain noir dans le passage du Cap Horn et connu ses journées les plus lentes depuis 38 jours de navigation, Francis Joyon peut de nouveau faire la route directe à des vitesses de l'ordre de 20 nœuds. Au grand large de la Patagonie, le maxi trimaran rouge entame sa remontée de l'Atlantique Sud dans des conditions enfin un peu plus favorables. Pour fêter ça, le skipper d'IDEC va tenter une charlotte aux fraises… Le vent est enfin redevenu favorable et autorise une route efficace vers le Nord-Est, à des vitesses qui permettent d'espérer 400 à 450 milles par jour. Il était temps car le bateau et le skipper étaient soumis à rude épreuve depuis une semaine entre les vents forts, la mer démontée, la trouille des icebergs et puis ce passage du « cap dur » - le fameux Horn – qui précédait des vents faibles et contraires qui ont forcément ralenti la progression. Joint ce midi au téléphone satellite, Francis Joyon racontait : « j'ai eu encore une nuit hyper difficile, ça a tourné au vent debout (de face, ndr) , et j'ai du renvoyer de la toile, tirer des bords la moitié de la nuit avant que le vent favorable ne rentre. Ensuite j'ai du trouver le bon angle pour ménager le bateau qui tapait, tapait dans le clapot… c'était horrible et là il y avait risque de casser du matériel. J'en ai cassé d'ailleurs : une jonction entre le chariot et la grand'voile et une écoute de trinquette. Alors j'ai lofé pour calmer le jeu. » Le tout sous des pluies torentielles…

dimanche 30 décembre 2007 :
Joyon à la relance

Fini le tricotage semble-t'il pour le grand trimaran IDEC qui évolue depuis vendredi soir dans les petits airs de la Terre de Feu. Après une nuit calme mais point exempte de manouevres, Francis Joyon a pu calé dès ce matin son fidèle trimaran sur un cap enfin stabilisé à l'Est-Nord-Est. Au près dans un vent venu des Malouines, la grande flèche rouge a progressivement allongé la foulée pour retrouver ce soir des vitesses de l'ordre de 18 à 20 noeuds fort acceptable compte tenu du secteur de vent. Francis lorgne avec appétit vers une rotation de ce flux au Sud Ouest ; une aubaine qui permettrait de revoir plus tôt que prévu les belles moyennes affichées lors de 35 premiers jours de course. L'opportunité est là et Francis sait qu'il ne doit pas trainer en route tant ce genre de système est versatile...

samedi 29 décembre 2007 :
Francis Joyon pulvérise tous les records au Cap Horn !

Francis Joyon a franchi ce soir à 23 heures, 31 minutes (heures françaises) la longitude du Cap Horn à la pointe Australe du continent Sud-Américain, troisième des grands caps mythiques qui scandent les parcours traditionnels des tours du monde à la voile. Et comme ce fut le cas à Bonne-Espérance au sud de l'Afrique, puis à Leeuwin au Sud ouest de l'Australie, c'est par des chronos fracassants que le skipper d'IDEC enchaînent ces marques de parcours : 35 jours, 12 heures et 36 minutes lui auront ainsi suffi à naviguer depuis Brest, soit 14 600 milles nautiques sur l'orthodromie avalés à 17,13 noeuds de moyenne (Distance réellement parcourue, 17 900 milles à 21 noeuds de moyenne...). Par comparaison, Ellen MacArthur, actuelle détentrice du record de la circumnavigation à la voile en solitaire, avait atteint ce même point en 44 jours 23 heures 36 minutes, meilleur chrono jamais réalisé en solitaire sur la distance. Francis pulvérise cette performance avec 9 jours, 11 heures d'avance.

Boulimique, Joyon s'adjuge par ailleurs un certain nombre de temps références intermédiaires :

Record entre le Cap Leeuwin et le Cap Horn : 12 jours, 20 heures, 58 minutes
Ellen MacArthur sur Castorama en 2004 : 15 jours, 09 heures, 31 minutes

Record de l'Océan Pacifique entre le Sud de la Tasmanie et le Cap Horn (en attente de validation par le WSSRC) : 10 jours, 14 heures et 25 minutes
Ellen MacArthur sur Castorama en 2004 : 12 jours, 13 heures et 39 minutes

A l'heure où il passe à l'ombre du Horn, l'avance de Francis Joyon sur Ellen MacArthur est de plus 3 500 milles.

Rappel des temps de référence du trimaran IDEC :
Départ de Brest : Vendredi 23 novembre à 10 heures 5 minutes et 52 secondes UTC
Brest / Equateur : 06 jours, 16 heures et 58 minutes
Brest / Cap de Bonne Espérance : 15 jours, 7 heures et 16 minutes
Brest / Cap Leeuwin : 22 jours, 15 heures et 28 minutes
Brest / Cap Horn : 35 jours, 12 heures et 36 minutes

Record des 24 heures : 616,07 milles
Record de l'Océan Indien : 09 jours, 12 heures et 03 minutes

vendredi 28 décembre 2007 :
La nuit prochaine au Horn...

En prenant de plus en plus de gauche, le vent toujours soutenu de secteur Nord Nord Ouest propulse IDEC à une vitesse régulièrement accrue vers la porte de sortie de l'immense et impitoyable Océan Pacifique. Alors qu'il en termine aujourd'hui avec son 35ème (seulement!) jour de mer, Francis Joyon, en mettant un poil de Nord dans sa route, peut légitimement espérer glisser dès cette nuit sous la longitude du Cap Horn et entrer avec un chrono détonnant en Atlantique Sud. Hormis l'état toujours désordonné de la mer, IDEC va continuer d'évoluer dans un régime de vent plus favorable aux hautes performances. Toute la nuit passée, Francis a ainsi remonté de quelques unités le curseur de ses vitesses moyennes. La barre des 500 milles quotidiens est à nouveau allègrement dépassée et c'est à près de 23 noeuds sur le fond que déboule ce matin la flèche rouge vers la pointe australe de l'Amérique Latine. En parcourant la distance cap Leeuwin-cap Horn en plus de 12 jours, Francis est sur la base du temps réalisé en 2002 par le maxi catamaran Orange 1 en équipage, soit deux jours de mieux qu'Ellen Macarthur en 2004....

23h30 : Le Cap Horn ...

Cap Horn, Chili ; 424 mètres d'altitude, pointe australe de l'Amérique du Sud, sur l'archipel de la Terre de Feu. Découvert et franchi pour la première fois par le navigateur Néerlandais Willem Corneliszoon Schouten, le 29 janvier 1616, qui lui donna le nom de sa ville natale, Hoorn aux pays-bas. Sentinelle prestigieuse et redoutable du continent américain, le Cap Horn est une île, rocher mythique de 6 km2 de surface . Ce caillou, ce point entre deux océans, est terrifiant. A part quelques jours par an, l'invincible Horn est la proie de furieuses tempêtes qui ont forgé sa renommée..
En septembre 1578, Sir Francis Drake, au cours de sa circumnavigation, passa le détroit de Magellan et déboucha dans l'océan Pacifique. Avant de pouvoir poursuivre sa route vers le nord, son bateau rencontra une tempête et fut repoussé largement au sud de la Terre de Feu où il débarqua sur une île qui « était plus au sud de trois quarts d'un degré que toutes les autres isles », ce qui ne peut correspondre qu'aux îles Diego Ramirez. L'étendue d'eau libre que l'équipage découvrit convainquit Drake 25 que, loin d'être un autre continent, comme il l'avait d'abord pensé, la Terre de Feu était une île avec l'océan ouvert au large de son extrémité sud. Cette découverte fut sans suite, les bateaux continuant à emprunter le passage connu du détroit de Magellan.

jeudi 27 décembre 2007 :
A moins de 1 000 milles du Horn

En empannant peu après 21 heures hier soir cap à l'Est, Francis Joyon a remis son grand trimaran rouge IDEC en route directe vers le cap Horn. En attendant une nouvelle accélération du vent prévue à la mi-journée, il a aussi relancé sa machine sur des bases élevées, près de 20 noeuds de vitesse moyenne ces dernières 24 heures. On le sait, c'est l'état de la mer qui conditionne ce type de performance. Dès que la houle s'allonge un peu et surtout cesse de déferler de deux côtés à la fois, IDEC allonge la foulée avec une facilité déconcertante. Si ces conditions favorables pouvaient de nouveau se réunir, Joyon en terminerait dès samedi matin avec une dure, très dure traversée du Pacifique. Pour l'anecdote, notons que Francis est passé cette nuit sous la barre des 8 000 milles restant à parcourir jusqu'au bercail, et que son avance sur Ellen MacArthur dépassera ce soir les... 3 200 milles.

mercredi 26 Décembre 2007 :
Il faut sortir de la dépresson

IDEC et Francis Joyon, en naviguant au plus près du centre d'un vaste système dépressionnaire, subissent de plein fouet la fureur de l'Océan Pacifique. Si le secteur de vent, bien orienté au Sud Ouest, demeure un élément favorable dans la progression du voilier en route directe vers le cap Horn, la force des éléments rend la vie à bord du grand trimaran rouge pénible. Le skipper solitaire prévoyait hier lors d'un bref entretien téléphonique, devoir sortir de cette dépression, sous 24 heures, dans une mer "croisée et dangereuse, avec des creux de 6 à 7 mètres". Le solitaire s'accroche pourtant, non en mode "survie" mais bien en mode "record", privilégiant le placement le plus favorable à une progression efficace vers ce Horn tant attendu. Il continue d'aligner des journées à plus de 430 milles, cap au Sud Est avec un excellent VMG (Velocity made Good) qui traduit bien la pertinence et l'efficacité de sa route. Une nouvelle journée des plus difficiles s'avance. Francis est préparé à faire une fois de plus le dos rond au plus fort de la dépression. Bateau ballasté à fond, sous trois ris et trinquette, voire rien du tout à l'avant, le marin solitaire va de nouveau subir les assauts du "belliqueux Pacifique"...

mardi 25 décembre 2007 :
Des vents de plus de 50 noeuds ...

Francis Joyon poursuit la délicate entreprise commencée hier et qu'il appelait si poétiquement "tangenter" la dépression par sa bordure nord. Au prise avec le plus fort du vent (Francis avouait cette nuit "avoir pris une dégelée", avec 50 noeuds et plus!!), IDEC doit surtout éviter la survitesse et les départs non contrôlés dans les surfs aux issus imprévisibles. Francis, plus que jamais en mode "régate Atlantique" après 32 jours et plus de 16 000 milles de sprint débridé, joue avec les oscillations du vent et descend très progressivement vers la latitude du cap Horn situé ce matin à environ 2 000 milles. IDEC est taillé pour lâcher les chevaux aux allures médium. Le vent fort et la très grosse mer ralentissent aujourd'hui sa progression. Francis reste cependant sur la base de 450 milles avalés chaque 24 heures. Solidement accroché à la bordure nord de la dépression, il compte sur le déplacement de cet imposant système pour garder de la pression de Sud Ouest jusque sous les rivages d'Amérique du Sud. En ce jour de Noêl, Francis ne connait point de repos, en recherche permanente de la trajectoire la plus efficace et la plus confortable pour son grand trimaran rouge durement sollicité dans les déferlantes. L'obsédante veille aux icebergs exacerbant davantage encore sa concentration....(IDEC a croisé cette nuit un 5ème iceberg en 48 heures, "un énorme glaçon qui barrait l'horizon" dixit Francis)

lundi 24 décembre 2007 :
Noël entre les icebergs pour Monsieur Joyon

C'est un véritable champs de mines qu'a traversé hier à vive allure et avec une visibilité des plus relatives le trimaran géant IDEC au beau milieu de l'immense Océan Pacifique Sud. A une latitude de surcroît fort inhabituelle, moins de 53 degrés Sud, le radar du bord a détecté pas moins de 4 gigantesques morceaux de banquise, dont l'un approchait selon les observations de Francis Joyon les 400 mètres de long.... On en oublierait la virulence de la dépression que négocie actuellement le marin solitaire, 40 noeuds et plus la nuit dernière, avec les déferlantes typiques de cette partie du monde. "Tout est blanc ici, le ciel, la mer et les icebergs" raconte l'étonnant Monsieur Francis comme s'il commentait un aimable documentaire TV. La tension est pourtant bien présente, dans une ambiance "de guerre", lorsque les alarmes hurlent dans le cockpit à la survitesse et aux icebergs. Le Horn est encore à 2 300 milles et Francis compte sur cette dépression pour l'y propulser à grands coups de journées à 500 milles et plus...

dimanche 23 Décembre 2007 :
En route vers le Cap Horn ...

La bascule du vent vers le Nord-Ouest attendue est enfin arrivée. Francis Joyon a donc pu faire cap au Nord Est pour contourner le centre de la dépression, avant de reprendre sa route directe vers le Cap Horn à plus de 23 noeuds. Le skipper d'IDEC a donc pu respecter sa décision de ne pas descendre en dessous des 56° sud, limite qu'il s'était fixée en raison des risques d'icebergs. Et ce, même si « les limites sont faites pour être franchies comme les règles pour être transgressées... » Au final, n'est-ce pas tout ce qui sous-tend la démarche de Francis ? A l'heure des tentations technologiques, il a voulu un bateau simple. A la puissance, il a préféré la légèreté, à l'exposition médiatique outrancière il oppose sa modestie. Et visiblement l'alchimie fonctionne, bousculant bien des codes établis, puisqu'au 23 décembre, IDEC possédait une avance de 2982 milles sur le record d'Ellen Mac Arthur, soit 7 à 8 jours de mer.

samedi 22 Décembre 2007 :
Le métronome des antipodes

Après l'Indien, le Pacifique... Francis Joyon continue d'engranger les milles dans sa besace avec la même régularité et la même sérénité. Pour l'heure IDEC fait route, cap au 100 à près de vingt noeuds de moyenne. Pour autant, la route du Horn n'est pas encore totalement ouverte. Le vent oblige le skipper d'IDEC à plonger vers les latitudes sud, synonymes d'icebergs et de growlers...
En arrivant vers un système météo relativement complexe, il n'a pas d'autre choix en attendant que le vent prenne une composante un peu plus nord-ouest pour pouvoir empanner et s'éloigner de la zone critique. Il reste que le navigateur de Locmariaquer continue de creuser l'écart. Le Horn avant la fin de l'année ?

vendredi 21 décembre 2007 :
Plus de 3000 milles d'avance

Au pointage de 8h ce matin, IDEC a franchi pour la pemière fois la barre des 3000 milles d'avance sur le chrono à battre d'Ellen MacArthur. Francis Joyon a très exactement 3032 milles de capital (5615 kilomètres). Le grand trimaran file à près de 22 noeuds de moyenne à travers le Pacifique, par 55 ° de latitude sud.

jeudi 20 Décembre 2007 :
IDEC sur le chemin du retour

IDEC a passé cette nuit la mi-parcours. Au pointage de 7h45 ce matin, le grand trimaran rouge de Francis Joyon avait 11134 milles de la route directe dans son sillage et il lui restait 10466 encore à parcourir pour boucler son tour du monde. IDEC file toujours plein Est dans les Cinquantièmes, au sud-est de la Nouvelle-Zélande, à une moyenne de 20 noeuds ce matin. L'avance de Francis Joyon sur le chrono de référence d'Ellen MacArthur s'établit ce matin à environ 2800 milles.

mercredi 19 Décembre 2007 :
IDEC à mi-parcours ce soir

C'est bien reparti pour Francis Joyon qui file à 23 noeuds et s'approche de la verticale de la Nouvelle-Zélande, avec une route sur la latitude 54° Sud, cap plein Est vers le Cap Horn. Cette entame de l'Océan Pacifique devrait être marquée ce soir (ou demain) par le passage de la barre des 10 800 milles parcourus sur la route directe. Ce matin, IDEC a déjà parcouru 10 517 sur l'orthodromie (13 131 en réalité sur l'eau). Et pour la première fois, Francis Joyon dispose d'une avance supérieure à 2700 milles nautiques sur le chrono d'Elen MacArthur, soit 5000 kilomètres.

mardi 18 Décembre 2007 :
IDEC va pulvériser le record de l'Indien

Francis Joyon va en terminer très officiellement avec l'Océan Indien ce matin, probablement vers 10h heure française, quand le maxi trimaran IDEC coupera la longitude de South East Cape en Tasmanie. « Ce sera un moment fort », prévoyait Francis hier, en évoquant cette frontière qui marque l'entrée dans le mal nommé Pacifique. Ce sera un moment fort aussi car IDEC va y pulvériser le record officiel de l'Océan Indien détenu par Ellen MacArthur en 12 jours, 18 heures, 57 minutes. Francis Joyon va améliorer ce record de plus de trois jours!

lundi 17 Décembre 2007 :
La barre des 10 000 milles aujourd'hui

A 6h20 ce matin, le maxi trimaran IDEC navigue par 52° Sud et 132° Est, à la latitude la la grande baie d'Australie, environ 80 milles au nord de la limite des glaces. Ses déjà quatre records en poche depuis le départ de Brest (Equateur, Bonne Espérance, 24 heures, Leuwin), Francis Joyon file de nouveau à plus de 20 noeuds, sur une moyenne journalière qui frise les 540 milles. La barre symblique des 10 000 parcourus sur la route directe (qui en compte 21 600) va être franchie aujourd'hui, après 24 jours de navigation. Francis Joyon ne sera plus alors qu'à environ deux jours de mer de la mi-parcours. Il peut donc envisager un demi-tour du monde en environ 27 jours... A noter que ce matin, IDEC a mis du sud dans sa route vers l'est (cap au 115), entamant probablement ainsi le "tricotage" annoncé hier par Francis Joyon pour garder le meilleur angle et donc la meilleure vitesse dans les grands vents d'ouest.

dimanche 16 Décembre 2007 :
Message envoyé par Francis au passage du Cap Leeuwin

« Longitude du Cap Leeuwin à 01.33h Temps universel. IDEC coupe cette longitude à 1100 milles au sud de l'Australie. En réalité, je suis bien plus prés de l'Antarctique dont le climat se fait sentir à bord. Pour être précis, on est à 400 miles de la limite banquise et 770 miles du continent blanc ou la carte porte les noms des explorateurs qui s'y sont aventurés : Shackleton, Dumont d'Urville. L'Antarctique a échappé jusqu'ici à l'appétit des hommes, et espérons que nous arriverons à enrayer le réchauffement de la planète qui détruirait la banquise et la vie sauvage avant de nous détruire ,,, Ici, c'est brume, bruine et brouillard ; Même les pétrels tempêtes ont disparu dans le coton... »
Rappel des temps de passage au Cap Leeuwin

Cap de Bonne Espérance / Cap Leewin (solitaire)
Castorama en 2004 : 10 jours, 15 heures, 26 minutes
IDEC en 2007 : 7 jours, 08 heures, 12 minutes

Cap de Bonne Espérance / Cap Leeuwin (équipage)
Orange II en 2005 : 7 jours, 08 heures, 33 minutes

Temps de course d'Ellen MacArthur en 2004 au Cap Leeuwin : 29 jours, 14 heures et 5 minutes
Temps de course de Francis Joyon (2007) au Cap Leeuwin : 22 jours, 15 heures et 28 minutes

samedi 15 décembre 2007 :
Positionnement stratégique (carte du jour)

Il faut parfois accepter de miser pour gagner. En acceptant de perdre des milles sur la route directe, Francis Joyon anticipe surtout sur le positionnement stratégique à venir des prochains jours. Car plus que de battre des records, l'objectif de Francis est clair : naviguer le plus proprement possible, engranger des milles quand on le peut. Un petit centre dépressionnaire à négocier oblige donc le skipper d'IDEC à descendre sur la route pour pouvoir ensuite reprendre sa marche vers l'Est. Si les moyennes s'en ressentent légèrement, la situation devrait rapidement se rééquilibrer à l'avantage du skipper trinitain. Francis attend le régime de Nord-Ouest qui s'installera à l'avant de cette dépression et qui devrait lui permettre de remettre en route la machine à avaler des milles.

vendredi 14 décembre 2007 :
De nouveau sur des bases à 500 milles

A 6h50 ce matin, IDEC était pointé à 17,7 noeuds par 48°55 de latitude sud et 94°58 de longitude est. Le maxi-trimaran de Francis Joyon faisait route plein est, cap au 90 vers le Cap Leuwin, où il est fort probable qu'il décrochera ce week-end un nouveau record de référence en solitaire. Même si IDEC semble quelque peu ralenti en ce moment par rapport aux moyennes extravagantes du début de semaine, Francis Joyon reste sur une base de journées à 500 milles parcourues. Son avance sur le chrono d'Ellen MacArthur, qui a culminé hier soir à 2002 milles - donc toujours environ 4 grosses journées d'avance - s'établit ce matin à 1981 milles. La difficulté du moment est de contourner par le sud un centre de haute pressions peu venté... mais sans aller s'aventurer trop loin vers le bas des cartes ou rodent les dangereux growlers et icebergs. L'alerte glace est en ce moment par 52° sud, soit environ 200 milles plus sud qu'IDEC. Pas de souci donc à priori, mais il faut toujours se méfier des théories et des calculs mathématiques quand on navigue dans ces parages, tout près des Cinquantièmes hurlants.

jeudi 13 décembre 2007 :
Place à la stratégie ...

Ainsi que Francis Joyon l'expliquait hier, faisant écho aux propos de son conseiller météo à terre Jean Yves Bernot, c'est une seconde partie de l'Océan Indien plus stratégique qu'aborde à présent le trimaran IDEC. Entre l'archipel des Kerguelen paré hier en boulet de canon, record du monde des 24 heures pulvérisé (616,07 milles), et le continent Australien évolue un vaste système de hautes pressions qu'il convient de contourner par le Sud.

mercredi 12 décembre 2007 :
Nouveaux records du Monde pour Joyon

Dans sa cavalcade effrénée dans l'Océan Indien, le navigateur français Francis Joyon vient de s'adjuger un nouveau record du Monde, celui de la plus longue distance parcourue en 24 heures par un navigateur solitaire en multicoque, avec le chiffre colossal de 614 milles parcourus entre hier et ce matin 7 heures (françaises), à la moyenne horaire de 25,9 nœuds. A bord du maxi-trimaran IDEC, Joyon a parcouru 616,07 milles entre hier et aujourd'hui à 15 heures. Soit une moyenne horaire de 25,66 nœuds … Presque un hasard, à en croire le principal intéressé ! [Ce « chrono » devra faire l'objet d'une ratification par le World Sailing Speed Record Council. Le précédent record avait été établi le 6 août 2006 par le trimaran de 60 pieds « Brossard » d'Yvan Bourgnon avec une distance de 610,45 milles.]

mardi 11 décembre 2007 :
Cap Kerguelen

L'express IDEC a paré cette nuit l'archipel de Crozet, premières île des Terres Australes et Antarctiques Françaises. Francis Joyon a signé hier une de ses plus belles journées avec 600,5 milles parcourus à 25 noeuds de vitesse moyenne.

lundi 10 décembre 2007 :
Encore une journée à près de 600 milles

Francis Joyon, dans le grand combat qu'il livre depuis 48 heures à l'arrivée dans son Sud Ouest d'un fort front dépressionnaire, est toute la journée parvenu à repousser l'échéance, le moment fatidique du ralentissement, quand vents et vagues tourneront Sud Ouest, avec ce net fraîchissement qui contraindra IDEC à réduire voilure et vitesse. Alors que la houle se fait plus désordonnée, Francis repousse d'heure en heure l'instant de la décélération, ne réduisant qu'à contre cœur la voilure, d'abord à l'avant où ne subsiste plus que la trinquette, puis retardant au maximum la prise de son second ris dans la grand voile. Sa course folle se concrétise par une nouvelle impressionnante journée à près de 600 milles parcourus, soit 24,8 nœuds de moyenne !

dimanche 9 décembre 2007 :
Au rythme d'une Transat

Loin de baisser le rythme et de lever le pied après une descente de l'Atlantique express, Francis Joyon est bien décidé à profiter au maximum de sa bonne position en avant d'une dépression pour gagner toujours et encore dans l'Est. Son tempo est même reparti à la hausse avec 560 milles nautiques parcourus ces dernières 24 heures. L'Océan Indien accueille la grande « flèche rouge » avec bienveillance. La houle, longue et belle demeure ordonnée et le vent de Nord Ouest est au rendez-vous. IDEC en profite pour fuir à toute allure devant le front dépressionnaire. Le Sud est là, avec ses bancs de brume que Joyon transperce en aveugle, et les premiers albatros venus planer, méfiants et solitaires, autour de cet étrange pèlerin des immensités désolées.

samedi 8 décembre 2007 :
Nouveau record à Bonne Espérance pour Francis Joyon


C'est le second moment fort et important de son tour du monde en solitaire qu'a connu aujourd'hui Francis Joyon en franchissant à 18 heures et 21 minutes française la longitude exacte du cap de Bonne Espérance, pointe australe* du continent Africain et symbole mythique, avec ses "confrères" Leeuwin et Horn, des circumnavigations sportives. Temps fort au sens propre du terme car le skipper du grand trimaran IDEC n'aura mis "que" 15 jours, 7 heures et 16 minutes pour parcourir la distance depuis Brest, 6 200 milles environ en route directe théorique. Francis et IDEC ont en réalité parcouru 7 400 milles pour atteindre ce point, à 20,12 noeuds de moyenne!! Ellen Macarthur sur son trimaran Castorama avait, elle, réalisé le temps alors jugé exceptionnel de 19 jours, 9 heures, 46 minutes. Un score que Francis vient donc d'améliorer de 4 jours, 2 heures et 30 minutes.

vendredi 7 Décembre 2007 :
Course poursuite

La course poursuite continue pour IDEC et Francis Joyon, menacés par le décalage plein sud des calmes de l'anticyclone de sainte Hélène. Ce dernier continue de générer un vent de secteur nord pour une vingtaine de noeuds idéal pour propulser cap Est Sud Est le grand trimaran rouge. Sous grand voile haute et trinquette à l'avant, le plan Irens/Cabaret ne cesse de combler son skipper, tant par sa capacité à aller vite à toutes les allures que par son passage sécurisant dans la mer. Cette dernière est toujours "lisse" et parfaite pour la vitesse. Mais l'arrivée prochaine d'une dépression très creuse venue de l'ouest risque de bouleverser ce bel équilibre et Francis s'attend, une fois le cap de Bonne espérance paré, (dans la nuit de samedi à dimanche!), à connaître des conditions de navigation beaucoup plus acrobatiques... sa cavalcade n'en demeure pas moins après un peu plus de 14 jours de course, proprement ahurissante, avec ces 6 806 milles réellement parcourus à 19,91 noeuds de moyenne, soit 5 698 nautiques sur l'ortho à 16,67 nds de moyenne... L'avance théorique sur le timing d'Ellen Macarthur atteint ce soir... 1 396 milles.

jeudi 6 Décembre 2007 :
Vent fort annoncé

Francis Joyon, en approche des 40 degrés de latitude sud, a connu une nouvelle journée rapide, active et musclée. IDEC navigue vite entre creux dépressionnaire et hautes pressions de Sainte Hélène et les grains se sont faits agressifs sur la route du trimaran. Francis a ainsi monté d'un cran son degré de vigilance et de réactivité sur le point. Ca sent vraiment le Sud. Une dépression "sévère" se met en place au Sud de l'Afrique que Francis et Jean-Yves bernot à terre observent avec intérêt. Et la performance est toujours au rendez vous du marin de Locmariaquer qui porte ce soir son avance virtuelle à plus de 1 130 milles nautiques. A grand coups de journées à plus de 550 milles, Bonne espérance approche à grand pas avec à la clé peut-être, un nouveau temps "canon" dans l'escarcelle de Joyon...

mercredi 5 Décembre 2007 :
Ca fume!

24,6 noeuds de moyenne lors des dernières 4 heures. Francis Joyon, en écureuil prévoyant (cf la vacation du jour) engrange les milles là où les conditions météo se révèlent les plus propices à la vitesse sur la route. C'est le cas depuis le milieu de la nuit dernière, quand IDEC est entré de plain pied dans un solide flux de Nord Nord Est pour une vingtaine de noeuds. Sur une mer "des plus agréable" dixit le marin de Locqmariaquer, IDEC s'en donne à coeur joie et allonge spectaculairement la foulée vers la pointe de l'Afrique. Différentiel de vitesse et route efficace obligent, ce sont très prochainement un millier de milles d'avance que comptera le grand trimaran rouge sur la position d'Ellen Macarthur en 2005. S'il ne tire, par superstition, aucun plan sur la comète, Joyon sent bien qu'un nouveau "chrono" référence est à sa portée, celui du passage au point ô combien symbolique de Bonne Espérance.

lundi 3 Décembre 2007 :
Petit coup de frein...

A la recherche d'un flux salvateur de secteur Nord, Idec et Francis Joyon ont connu en ce lundi une de leur plus lente progression depuis le départ de Brest. La vitesse moyenne sur les dernières 4 heures est "seulement" de 11,4 noeuds et la distance parcourue depuis hier soir atteint à peine 330 milles. Mais c'est là le prix à payer pour effectuer la transition souvent douloureuse entre les régime d'alizé de Sud Est et les grands courants de vent antarctiques. Le cap résolument à l'Est qu'affiche ce soir Idec signifierait-il que l'adonnante est là, et que le grand trimaran rouge va pouvoir dorénavant faire route directe vers Le Cap? Premier élément de réponse demain matin...

dimanche 2 Décembre 2007 :
752 milles d'avance ...

Francis file toujours plein sud travers au vent. Il a parcouru 445 milles en 24 heures.
Le maxi-trimaran IDEC creuse encore son avance. Il devance désormais Castorama de 752 milles ...
Objectif : récupérer une petite dorsale qui lui permettra de descendre le long de l'Anticyclone de Sainte-Hélène

vendredi 30 Novembre 2007 :
Le point sur la route d'IDEC à 14h

Au pointage de 14h ce vendredi 30 novembre, IDEC avait retrouvé une vitesse plus régulière et affichait une moyenne sur 4 heures de 19 nœuds. Par 2°52 sud et 28°21 ouest. Le maxi-trimaran rouge de Francis Joyon s'apprêtait à franchir la barre des 2700 milles parcourus depuis son départ de Brest il y a seulement une semaine jour pour jour ! Francis Joyon était alors au beau milieu de l'Atlantique, quasiment à la latitude de la pointe Est du Brésil, et profitait d'un alizé devenu plus régulier pour affiner sa trajectoire afin de descendre vers le sud tout en contournant l'anticyclone de Sainte-Hélène. IDEC était alors évidemment très à l'ouest de la route directe orthodromique(celle-ci longe logiquement l'Afrique), mais encore un peu plus à l'est que la route d'Ellen MacArthur lors du record à battre. Tout va bien à bord !

samedi 24 Novembre 2007 :
Cap au Sud Ouest

Alors que les milles défilent à vive allure au compteur d'IDEC, Francis Joyon, avant d'exprimer tout sentiment de satisfaction, souligne aujourd'hui toute l'intensité des heures cruciales qu'il vit dans la phase si incertaine du départ pour le plus long des périples maritimes imaginables. "Je n'ai guère eu le temps de plonger dans mon informatique "témoignait il à la mi-journée, totalement ignorant de son "score" du jour. Et pourtant, d'aucun se gargariserait volontiers de ces 451 milles avalés en travers du golfe de Gascogne lors des premières 24 heures de course. Une allure qu'IDEC, sous grand voile deux ris et trinquette à l'avant a fait mieux que confirmer tout au long de l'après-midi, portant à 546 milles (18 heures françaises) sa distance totale parcourue depuis Brest à la moyenne horaire de 17,66 noeuds. Francis prolonge à plus de 22 noeuds le long bord au Sud Ouest amorcé cette nuit avec cet empannage au plus près des côtes espagnoles. Le vent souffle en force le long des côtes du Portugal, plus de 30 noeuds, et c'est au large que Francis va chercher l'angle et la force de vent favorables au grand trimaran. Si, ainsi que le précisait Jean-Yves Bernot, conseiller météo de Joyon, les "fenêtres de départ" sont difficiles à trouver en cette saison, les configurations actuellement rencontrées par Francis satisfont pleinement le skipper Morbihanais. "Nous devrions garder du vent fort pendant quelques temps" lâchait il ce matin laconiquement. Et les chiffres de lui donner raison. L'écart très théorique qui le sépare du tracé virtuel d'Ellen MacArthur en 2005 dépasse ce soir les 85 nautiques. Joyon s'est énormément employé durant cette première journée à placer IDEC sur la bonne orbite. Fidèle à sa réputation, il se sacrifie totalement à la marche et au ressenti du bateau. Il n'oublie pas pour autant sa propre condition. Loin des terres et loin des hommes, Joyon va petit à petit entrer dans ce rythme mystérieux et anachronique de la vie de navigateur solitaire.

vendredi 23 Novembre 2007 :
Top départ !

C'est parti pour Francis Joyon ! Le maxi trimaran IDEC a coupé ce vendredi matin à 11h05'52'' heure française la ligne « historique » des tours du monde en solitaire, à la sortie du goulet de Brest (voir ci-dessous). Sur mer plate, dans un flux de 15 nœuds de nord-est qui doit monter à 25 nœuds passée la pointe de Bretagne, IDEC allonge la foulée. Objectif : tourner autour du globe en moins de 71 jours, 14 heures, 18 minutes et 33 secondes. Pour battre le record, Francis Joyon doit revenir avant le dimanche 3 février 2008 à 1h23'25''(HF).

mercredi 24 Octobre 2007 :
Professeur Gérard Saillant, parrain du Trimaran IDEC

«Parrainer le bateau de Francis Joyon est un symbole fort. Francis Joyon s'attaque à ce grand défi qu'est le tour du monde absolu en solitaire. Avec l'ICM, dans un tout autre domaine qu'est la santé publique, c'est aussi un défi mondial que nous voulons relever : celui d'apporter des solutions aux maladies du cerveau.»


Résumé du formidable exploit de ce Tour du monde en solitaire 2007-2008

dimanche 20 janvier 2008
Francis Joyon est donc (re)devenu cette nuit le recordman du tour du monde en solitaire, dans le chrono ahurissant de 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes. Plus de 26000 milles nautiques de frissons avalés à 19,09 nœuds de moyenne, 4 nœuds de mieux qu'Ellen MacArthur dont Joyon améliore le record de deux semaines complètes. Voici très résumé, en trois actes, le film de son extraordinaire aventure océanique.

Acte I : tout schuss jusqu'en Tasmanie

Francis Joyon s'élance de Brest le vendredi 23 novembre 2007 à 11h05, dans un flux de nord-est qui monte à 25 nœuds à la pointe de Bretagne. Pour battre le record d'Ellen MacArthur, IDEC doit accomplir sa giration planétaire en moins de 71 jours, 14 heures et 18 minutes, soit revenir avant le 3 février 2008 à 1h23. Reconnaissable à sa très longue étrave centrale, le plan Irens/Cabaret allonge illico la foulée. Et respecte à la lettre le plan de bataille défini avec le routeur Jean-Yves Bernot : empannage dans le golfe de Gascogne et tout faire pour conserver de la vitesse sans rupture jusqu'à l'alizé. Francis Joyon pense alors mettre « huit jours pour atteindre l'équateur ». Mais dès le départ il tient des moyennes à 22 nœuds, enchaîne des journées à 500 milles et le paysage défile : cap Finisterre le premier jour, passage entre Açores et Madère le deuxième, Canaries avalées au troisième, Cap Vert au quatrième… « La fenêtre météo est vraiment bonne » se félicite le skipper qui, déjà, ne tarit pas d'éloges sur le passage dans la mer de son bateau.
A ce rythme de feu, IDEC franchit l'équateur dès le vendredi 30 novembre, en 6 jours et un peu moins de 18 heures : deux jours de mieux qu'Ellen MacArthur et dix heures de moins qu'Orange II en équipage dans le Trophée Jules Verne ! Et dire que le premier objectif était de « perdre le moins de temps possible sur Ellen dans la première partie…»
Après 10 jours de course, à peine ralenti par le Pot au Noir, le 3 décembre IDEC est déjà par le travers de Rio de Janeiro, avec 800 milles d'avance. Le jeu consiste à aller chercher un petit centre dépressionnaire qui ouvrirait la porte vers le Cap de Bonne Espérance. Et IDEC trouve le passage, déboule dans l'Atlantique Sud avec un flux de nord, en bordure de l'anticyclone de Sainte Hélène. La diagonale est splendide. La flèche rouge allume à 25 nœuds de moyenne en déflorant les quarantièmes rugissants. On attend un temps canon à Bonne Espérance. On n'est pas déçu : le 8 décembre, IDEC efface le cap des tempêtes en 15 jours, 7 heures et 16 minutes à la moyenne sur l'eau de 20,12 nœuds ! Son avance grimpe à 4 jours.
Fuyant en avant d'une dépression, IDEC s'attaque à l'Indien à toute allure : 560 milles, puis 600 milles par jour ! Le rythme tenu par l'homme placide est celui d'un équipage et le 12 décembre près des Kerguelen, avec les albatros pour témoins, Joyon pulvérise le record des 24 heures en solo : 616 milles à 25,66 nœuds de moyenne (record amélioré à 619 milles par Thomas Coville quelques semaines plus tard). Le dimanche 16 décembre, IDEC est au Cap Leeuwin, au sud de l'Australie, avec 7 jours d'avance. Le mardi 18 décembre, au Sud de la Tasmanie, Joyon désintègre le record de l'océan Indien en 9 jours et 12 heures, soit 3 jours de moins qu'Ellen MacArthur et seulement 59 minutes de plus qu'Orange II. « Avec des chiens enragés aux fesses on va plus vite », s'amuse Francis. Mais c'est une autre paire de manches qui l'attend dans le Pacifique.

Acte II : un Pacifique de combat

Car voilà, après s'être sauvé à grande vitesse devant une dépression, c'est maintenant un anticyclone qui menace d'encalminer Joyon dans la traversée de son troisième océan, le mal nommé Pacifique. Au sud de la Nouvelle Zélande, il est déjà par 54 degrés Sud, dans de gros creux, sous des nuages noirs chargés de pluie et de vents violents qui obligent à manœuvrer et optimiser la route en permanence pour ne pas se faire scotcher. Au 27e jour de course, IDEC est déjà à mi-parcours. Mais pour conserver des vitesses élevées et échapper aux calmes, il faut descendre, descendre… et donc s'approcher des zones où dérivent les icebergs. Le Noël de Francis Joyon est un peu spécial. Sous tourmentin seul, IDEC essuie « une dégelée », comme dit Francis : 40, 45 puis 50 nœuds, mer méchante, creux de 7 mètres et déferlantes, le tout en traversant un véritable champ de mines d'icebergs. De quoi se fâcher définitivement avec la nature, mais ce n'est pas le genre de la maison Joyon. Et Francis-l'écolo adresse « aux enfants qui voudront bien partager mon rêve » le message suivant : « Je me rends compte que la planète n'est pas si grande que ça. Les générations passées la croyaient illimitée et ont puisé dans ses ressources, mais nous sommes arrivés à une période charnière. Toute la beauté du monde existe encore, mais pour la première fois les hommes peuvent y mettre fin si on n'y prend garde. Je crois que les enfants comprennent cela mieux que les adultes, souvent endormis par leur quotidien. Seuls les enfants arriveront à les réveiller, leur faire comprendre que l'essentiel est de permettre aux oiseaux de voler dans les forêts, aux ours blancs d'errer sur la banquise, aux dauphins de surfer sur les vagues des océans et au final, à l'homme de vivre en harmonie sur sa planète». Pour faire son cap dans le Pacifique, IDEC devra descendre jusqu'à 59 degrés de latitude Sud alors que l'alerte glaces est à 52°. Mais la récompense est au bout de cette route à risques dictée par la météo. Le samedi 29 décembre, à 23h31, IDEC est au Horn. Le cap dur en 35 jours ! Encore un exploit ahurissant, à 21 nœuds de moyenne sur la route effectivement avalée. Son avance sur Ellen MacArthur est de 9 jours et demi. Délivrance ? On ne se méfie jamais assez de la remontée de l'Atlantique…

Acte III : la remontée de tous les dangers

Dès la Terre de Feu, le coup de frein est brutal. De la pétole, du près - « deux fois la route et trois fois la peine » - IDEC est contraint de louvoyer au grand large de l'Argentine. Oubliées les journées à 500 milles, il faut se contenter de 300, voire moins. Dans un premier temps, au 40e jour de course, Francis Joyon parvient à exploiter un couloir de vent un peu moins défavorable entre un anticyclone et une dépression. Mais du 4 au 8 janvier, l'Atlantique Sud se montre impitoyable : le vent est résolument au Nord, dans l'axe de la route, et oblige le skipper morbihannais à multiplier les virements de bord. Le trimaran est rudement secoué dans une mer désordonnée. « Je souffre de voir souffrir mon bateau », soupire Francis, qui regrette aussi d'avoir perdu « l'aiguillon Thomas Coville », lancé à la poursuite du même record mais contraint à l'abandon sur casse au large de l'Afrique du Sud. Pour Joyon, l'obsession est de toucher enfin les alizés d'Est qui permettront de refaire tourner les chronos dans le bon sens. Le 8 janvier, c'est chose faite. Le 9, le speedo repasse au-dessus des 20 nœuds et malgré un blocage du safran babord (qui sera réparé assez vite), le bateau monte de nouveau sur un flotteur et file vers l'équateur. La ligne de séparation des deux hémisphères est franchie de nouveau le 10 janvier en 48 jours, 2 heures et 18 minutes… 12 jours et demi d'avance !
Mais dès le lendemain, on craint le pire. La drisse de grand voile a cédé et en montant au mât pour réparer, Francis Joyon découvre une avarie autrement plus grave : l'axe qui retient le hauban tribord se dévisse. Qu'il sorte de sa base et c'est le démâtage. Cinquante jours d'efforts peuvent être réduits à néant en une fraction de seconde. Le suspense devient insoutenable : tiendra, tiendra pas ? Joyon se blesse à la cheville en escaladant deux fois, puis trois fois son mât, 32 mètres au-dessus d'une mer croisée. Voilure réduite et route adaptée pour laisser le hauban sous tension – position dans laquelle il risque le moins de se s'arracher – IDEC parvient pourtant à poursuivre sa route. Le 14 janvier, Francis lâche « c'est un peu galère, le bateau est très fatigué ». Doux euphémisme, car les avaries s'enchaînent. Au près par 28 nœuds de vent, l'étai de trinquette cède, une poulie transperce le pont… c'est la guerre, avec toujours l'épée de Damoclès de ce hauban qui peut lâcher à tout moment. Les journées sont dures pour les nerfs, jusqu'à ce mercredi 16 janvier où Francis réussit une quatrième ascension du mât d'IDEC et cogne au marteau comme un forcené sur la pièce traîtresse, pour la gripper définitivement. Opération réussie. Dès lors, la confiance revient à bord du trimaran rouge. Reste à éviter les derniers pièges d'une dépression très creuse dans le golfe de Gascogne pour filer vers un extraordinaire exploit à Brest : 57 jours, record atomisé de 14 jours. Deux semaines complètes. Francis Joyon était déjà un très grand marin. Cela ne va sûrement pas lui plaire, mais il est aujourd'hui une icône, de celles dont se nourrissent les rêves des gosses. Bienvenue dans la légende, Mister Francis.

Les grandes dates du record :

* Départ de Brest : vendredi 23 novembre 2007 à 11h05'52.
* Passage équateur (aller) : vendredi 30 novembre à 4h03 en 6 jours 17 heures et 58 minutes. 2 jours d'avance sur Ellen MacArthur.
* Cap de Bonne Espérance : samedi 8 décembre à 18h21, en 15 jours, 7 heures et 16 minutes. 4 jours d'avance.
* Record des 24 heures le mercredi 12 décembre 2007 : 616,07 milles à 25,66 nœuds de moyenne. Amélioré depuis à 619,3 milles par Thomas Coville.
* Cap Leeuwin : dimanche 16 décembre. 7 jours d'avance.
* Record de l'océan Indien (sud Tasmanie): mardi 18 décembre en 9 jours, 12 heures et 3 minutes. Record amélioré de 3 jours.
* Cap Horn : samedi 29 décembre à 23h31 en 35 jours, 12 heures et 31 minutes. 9,5 jours d'avance.
* Passage équateur (retour) : jeudi 10 janvier à 13h23 en 48 jours, 2 heures et 18 minutes. 12 jours et 11 heures d'avance.
* Arrivée à Brest : dimanche 20 janvier 2008 à 0h39'58'', en 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes. Record battu de 14 jours, 44 minutes et 27 secondes. Environ 26400 milles parcourus à la moyenne de 19,09 nœuds sur l'eau.

L'historique des trois records solo en multicoques et sans escale :

* Francis Joyon. IDEC. 2008. 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes.
* Ellen MacArthur. Castorama. 2005. 71 jours, 14 heures, 18 minutes et 33 secondes
* Francis Joyon. IDEC. 2004. 72 jours, 22 heures, 54 minutes, 22 secondes.

Tentatives précédentes :

* Olivier de Kersauson. Un autre regard.1989. 125 jours, 19 heures, 32 minutes. Deux escales
* Philippe Monnet. Kriter. 1988. 129 jours. Deux escales.
* Alain Colas. Manureva. 1974. 169 jours. Une escale.

 

Départ de Brest le 23 novembre 2007

il passe dans l'axe du phare du "Petit Minou"

Le 23 novembre 2007

Départ de son Tour du Monde

Le 10 décembre 2007

Accrobatie

  ©JM Liot/DPPI/Idec

22 décembre 2007

le premier iceberg

Le 28 décembre 2008

Francis Joyon et IDEC passent le Cap Horn

  © Francis Joyon

La carte de positionnement de Francis Joyon par rapport au précédent record d'Ellen McArthur

avec déjà 6 records à la clé

Le 19 décembre 2008

ce sera la dernière carte

voir détails ci-dessous

 

Aujourd'hui, la ligne d'arrivée dans le collimateur

57 jours de mer soit seulement 1 semaine de plus que Bruno Peyron avec son équipage de 12 personnes

 

Fabuleux

 

 

 

 

Le 12 janvier 2008

Francis découvre son problème de mât : il risque de perdre son hauban tribord et donc son mât si ce dernier venait à lâcher

 

 

Francis Joyon cette nuit, 20 janvier 2008 vient de pulvériser le record du Tour du monde en solitaire, il améliore le record de 14 jours !
  © Liot-Vapillon / DPPI

Le 20 janvier 2008

champagne

  © Liot-Vapillon / DPPI

Le 20 janvier 2008

retrouvaille

  © Liot-Vapillon / DPPI

Le 20 janvier 2008

conférence de presse à Brest

  © Liot-Vapillon / DPPI
Le Tour de l'île de Wight 2010

samedi 19 juin 2010
L'équipage d'IDEC vainqueur de cette Round Island Race 2010 : Francis Joyon, Christophe Houdet, Rodney Pattison, Bertrand Cudenec et Roger Gianovelli.
A bord du maxi trimaran IDEC, l'équipage de Francis Joyon a remporté ce samedi matin l'édition 2010 du Tour de l'île de Wight en 4 heures et 24 minutes.
Le vent de nord modéré - 7 à 15 nœuds - n'a donc pas permis à Francis Joyon de battre son record de l'épreuve, établi en 2001 (3 heures et 8 minutes). Mais le maxi-trimaran IDEC s'est néanmoins imposé devant les… 1753 autres bateaux qui participaient cet année à la grande classique anglaise dans un chrono plus qu'honorable : 4 heures et 24 minutes. Partis prudemment avec une minute de retard volontaire sur la ligne pour éviter toute collision dans cette impressionnante forêt de voiliers, IDEC a ensuite allongé la foulée au fur et à mesure que le vent faible du départ se renforçait. L'équipage de Francis Joyon a réussi à doubler les Extreme 40 (qui l'avaient battu l'an dernier dans le tout petit temps) au niveau de la pointe Sainte Catherine – soit au sud de l'île de Wight, à mi-parcours - et a coupé la ligne d'arrivée à Cowes à 9h34'05 ce samedi matin heure anglaise (10h34 en France). « Nous avons régulièrement dépassé les 30 nœuds, notamment grâce aux nouveaux foils, mais le vent était un peu trop faible et le courant trop défavorable pour améliorer notre record » a commenté Francis Joyon. « Si le départ avait été donné une heure plus tard, cela aurait peut-être été jouable » a-t-il ajouté. Sur huit participations, c'est la cinquième fois que Francis Joyon remporte le Tour de l'île de Wight. Le maxi-trimaran IDEC a devancé ce matin les Extreme 40 et ICAP, le célèbre maxi monocoque.

mercredi 16 juin 2010
Francis Joyon reprend la mer à l'occasion du Tour de l'ïle de Wight, ce week-end. Ce rendez-vous incontournable est surtout l'occasion de tester les modifications apportées au maxi-trimaran IDEC cet hiver, notamment la mise en place de foils et d'une grand'voile beaucoup plus volumineuse.
Quand ils s'élanceront samedi 19 juin devant Cowes, Francis Joyon et son maxi-trimaran IDEC seront forcément une des attractions du grand rendez-vous britannique. D'abord parce que parmi les… 1750 bateaux inscrits, les 30 mètres du grand multicoque rouge se remarqueront forcément. Ensuite parce que Francis Joyon est toujours détenteur du record absolu (3 heures 8 minutes et 29 secondes à bord d'Eure-et-Loir - IDEC en 2001). Enfin et surtout parce que ce sera la première compétition officielle du bateau largement modifié cet hiver. Avec une grand'voile à la surface supérieure de 30 mètres carrés à la précédente (corne de 5 mètres) et des foils, IDEC devrait être encore plus rapide. « On va tirer à fond sur le bateau pour valider tout ça » explique Francis Joyon, « car pour l'instant on sait que tout fonctionne au port en baie de Quiberon, mais en course c'est encore différent bien sûr ».
Le convoyage lui-même sera déjà l'occasion de tester toutes ces modifications hivernales. « Nous partirons jeudi matin au lever du jour » explique Francis « mais il y a vent debout et nous devrons sans doute louvoyer, on pourrait mettre 30 à 36 heures à gagner Cowes… en espérant qu'il nous reste un peu de temps pour dormir avant de prendre le départ samedi matin ! ».
Un équipage expérimenté
A bord d'IDEC, trois autres marins accompagneront Francis Joyon pendant le convoyage : le voilier Bertrand Cudennec, le boat-captain Christophe Houdet et Roger Ganovelli, l'homme qui a notamment inventé le système anti-chavirage du maxi trimaran rouge. L'Ecossais Rodney Pattison (triple médaillé olympique en Flying Dutchman : en or à Mexico et Munich, en argent à Montréal, excusez du peu…) les rejoindra sur place « et peut être un sixième homme s'il y a baston », explique Francis Joyon.
Battre le record ? « Pour l'instant, la météo n'annonce pas que les conditions seront réunies… l'orientation du vent est bonne, au secteur nord, mais il faudrait qu'en force il monte de deux nœuds par jour au moins d'ici samedi, en gros que le vent atteigne les 20 nœuds pour que nous ayons une chance » explique encore Francis. Mais là n'est pas l'essentiel. L'essentiel, on l'a dit, c'est de voir si les modifications du maxi-trimaran IDEC tiennent toutes leurs promesses, dans la perspective bien sûr du grand rendez-vous de cette année 2010 : La Route du Rhum – La Banque Postale.
Tour de Wight (Round The Island Race digest) : 50,1 milles de Cowes à Cowes en faisant le tour de l'île en commençant par la côte Ouest, donc en enchaînant les passages célèbres devant les Needles puis St Catherine's Point et Bembridge Ledge. Les 1750 voiliers au départ seront divisés en 11 groupes qui s'élanceront toutes les 10 minutes entre 5h et 6h40 heure locale.

La Route du Rhum 2010

mercredi 10 novembre 2010
En passant la ligne d'arrivée en Guadeloupe à 2 heures 52 minutes 48 secondes (heure de Paris), Francis Joyon s'est adjugé la deuxième place dans la Route du Rhum - La Banque Postale 2010. Le temps de course d'Idec est de 9 jours 13 heures 50 minutes 48 secondes, sa vitesse moyenne sur l'eau est de 18,19 nœuds, sur une distance totale parcourue de 4 181 milles. Sur le parcours théorique de 3 539 milles, Francis Joyon affiche une vitesse moyenne de 15,40 nœuds. Il est arrivé 10 heures 36 minutes 01 seconde après le vainqueur Franck Cammas (Groupama 3).

Jeudi 21 octobre 2010
C'est avec les premières lueurs du jour que Francis Joyon est venu ce matin amarrer son trimaran géant IDEC sous les remparts de Saint-Malo. Le navigateur morbihannais recordman du tour du monde à la voile et en solitaire, s'apprête ainsi à vivre pour la cinquième fois depuis ses expériences de 1990, 1994, 1998 et 2002 le frisson à nul autre semblable d'un départ de Route du Rhum. D'ici au coup de canon libérateur du dimanche 31 octobre prochain, il va procéder à sa manière, avec simplicité et naturel, aux derniers préparatifs pour ce grand sprint transatlantique, tout juste un peu inquiet peut-être de la proximité d'une foule toujours considérable sur les pontons, et qu'à 54 ans, ce marin atypique pourtant habitué aux plus grands exploits, hésite encore à affronter.
Détenteur des plus grands records en solitaire, vainqueur de la Transat anglaise, Francis Joyon arrive à Saint-Malo avec les meilleurs atouts dont il ait jamais disposés pour l'emporter, malgré une impressionnante concurrence cette année, dans cette grande route classique de la voile hauturière. Et pour preuve de sa motivation, oyez le récit amusé d'un convoyage aux fortes senteurs de Rhum :
"Christophe Houdet, (ami et second, fidèle d'entre les fidèles ndlr) et moi-même avons quitté La Trinité hier mercredi en milieu d'après midi. Nous avions une "check list" de choses à vérifier assez importante, et le petit temps qui nous attendait au large du Morbihan était le bienvenu pour nous permettre de procéder sereinement à un certain nombre de vérifications techniques. Le vent est alors monté progressivement et nous avons doublé le raz de Sein dans du vent bien établi. Passée la pointe de Bretagne, il a molli un moment avant de reprendre de la vigueur, heureusement aux allures portantes. C'est peu avant deux heures du matin que nous nous sommes trouvés bord à bord avec le trimaran Sodeb'O de Thomas Coville. Nous n'étions que deux, et ils étaient six à bord. Malgré cela, nous nous sommes pris au jeu et avons entamé un joli duel de vitesse pure. Il a fallu beaucoup manoeuvrer, multiplier les empannages au vent arrière, et tout de suite la navigation s'est avérée belle et spectaculaire, Idec en permanence entre 27 et 28 noeuds, bien en appui sur son foïl, coque centrale légèrement déjaugée. Durant près de 6 heures, nous avons ainsi régaté avec les hommes de Sodeb'O et avec les premières lueurs de l'aube, Christophe et moi avons constaté dans un sourire que nous étions toujours devant à Saint Malo... Une confrontation certes sans grande signification mais les marins aiment toujours comparer leurs potentiels de vitesse."

Francis retrouve 8 ans après sa dernière participation le bassin des concurrents de la Route du Rhum. C'est de nouveau entouré des siens, Christophe Houdet bien sûr, qui partagera son temps entre le Maxi-Trimaran Idec et le trimaran de sa compagne Anne Caseneuve, croisée cette nuit et qui prendra elle aussi le départ en classe Multi50, et son frère Christian, que Joyon mettra la dernière main aux préparatifs de départ. Le début de la semaine prochaine sera réservé chez lui au cercle de sa petite famille, avant de retrouver l'effervescence des pontons dès mercredi 27 octobre.

2ème de la Route du Rhum 2010
   
 
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